Cameroun : « Jean-Armel Kana Biyik, un lion doit rester un lion ! »

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Le défenseur central du stade Rennais et des Lions indomptables, Jean-Armel Kana Biyik, ne sera pas à la Coupe du Monde / Photo page Facebook du Stade Rennais.

Pour sa non-sélection dans la liste des 23 Lions Indomptables retenus pour défendre le pays au mondial, le défenseur du stade Rennais dit mettre un terme à sa carrière internationale. Une scène à la Lauren Etame Mayer et Eto’o Fils. Qui provoque un coup de gueule de notre blogueur à Douala, Frank William Batchou.

La retraite internationale. Une expression qui sonne mal dans la tête de nombreux footballeurs. Ceux-ci veulent porter éternellement le maillot national afin de défendre, avec loyauté, la patrie.

Néanmoins, la retraite est inévitable. Si blessure, mort (comme Marc Vivien Foe du Cameroun) ou un problème cardiaque (Khalilou Fadiga du Sénégal dont les tests médicaux ont révélé en 2003 « une arythmie cardiaque importante qui n’est absolument pas compatible avec la pratique de la compétition ») ne surgit pas, La retraite internationale arrive à la suite d’une longue carrière bien méritée. Un grand jubilé faisant parfois foi à la déclaration.

On peut citer, en restant seulement au Cameroun, des exemples tels que Roger Milla, Patrick Mboma, Omam et Kana Biyick, Geremi Sorel Njitap, Thomas Nkono… Depuis hier, 4 juin 2014, la donne semble avoir changé. En effet, le défenseur du Stade Rennais en Ligue 1 française fait du buzz ici au Cameroun. Jean Armel Kana Biyick (il aura 25 ans le 3 juillet prochain) annonce sa retraite internationale. La cause à « plein de magouilles en équipe du Cameroun » ainsi que sa non-sélection par Volker Finke pour le mondial 2014 au Brésil.

Une décision prise à la hâte ?

Paraît-il que non, pour lui. Car, répondant aux questions de Jérémy Goujonhit, il affirme que :

« Si je ne l’avais pas dit aujourd’hui, je l’aurais dit dans un mois ou deux. Ils ne peuvent plus compter sur moi. C’est fini. Qu’ils ne m’appellent plus. Je ne suis plus à leur disposition ».

Pour moi, c’est une décision très brusque, qu’il prend beaucoup trop tôt. A seulement 24 ans. De plus, le joueur n’a même pas servi cette équipe nationale pendant deux années. Contrairement à son père  André Kana Biyik. Cela signifie qu’il n’y a pas encore fait ses preuves comme Lauren Etame Mayer et Samuel Eto’o Fils, deux autres joueurs qui avaient quitté la sélection.

Le premier avait claqué la porte de l’équipe nationale au lendemain de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2000 remportée par le Cameroun face au Nigéria. C’était aux tirs au but à Lagos. En dépit des nombreuses tractations entreprises par les émissaires de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), Etame Mayer est resté campé sur sa décision.

Le second, capitaine des Lions indomptables, avait, au terme d’un match perdu à Yaoundé, opté pour une retraite internationale anticipée. Il a fallu l’intervention des pouvoirs publics avec à la clé, une audience de Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la Présidence de la République du Cameroun, pour pousser Samuel Eto’o Fils à revenir sur sa décision.

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Deux exemples battants que Jean Armel Kana Biyik veut copier. Réussira-t-il à se faire prier par les pouvoirs publics, les membres de la Fécafoot et les futurs encadreurs de l’équipe nationale pour réenfiler le maillot tricolore ? Une affirmation ou une infirmation sera difficile à faire maintenant.

Ce qu’il oublie, c’est que Samuel Eto’o et Lauren Etame Mayer dont-il veut suivre les traces ont aussi essuyé des frustrations à leur arrivée dans la tanière. Rien n’étant facile dans la vie. Mais avec un cœur de lion, ils ont réussir à tenir longtemps. Avec à la clé, des succès engrangés.

Armel Kana Biyick, un lion reste un lion même s’il reçoit des coups. Donc, fuir la tanière aussitôt venu fait flipper. Partir parce qu’absent d’une liste des sélectionnés rabaisse le talentueux footballeur que tu es. Eric Cantona, n’a-t-il pas été refusé en 98 par Aimé Jacquet ? Nasri n’a-t-il pas été mis à l’écart cette année par Didier Deschamps ? Achille Emana et Sébastien Bassong, malgré leur saison époustouflante, n’ont même pas été présélectionnés avant d’être recalé comme toi Armel Kana Biyik. Pourtant, ils sont toujours prêts à accepter d’arborer le maillot national.

Jean Armel Kana Biyick, cher compatriote, se faire prier est bien. Mais faut savoir quand et comment le faire. Brésil 2014 n’est pas le dernier mondial qui sera organisé sous la direction de la Fifa. Il y a 2018 et 2022 qui arrivent. Tu es jeune et plein de talent. Il n’est donc pas tard de se ressaisir et revenir sagement sur ta décision.

Frank William BATCHOU, à Douala

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Je suis blogueur et journaliste camerounais depuis quelques années. Je suis basé dans la ville de Douala.

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