Cameroun : Douala tarde à enfiler son maillot de supporter

2- Vendeur des gadgets aux couleurs nationales

Douala, ville cosmopolite, va vivre demain  l’ultime rencontre amicale des Lions indomptables du Cameroun. La Coupe du monde est dans six jours. Et pourtant, on ne sent pas d’engouement.

Vendredi 6 juin 2014. Le temps est clément après une nuit pluvieuse. Les habitants de la ville de Douala vaquent à leur occupation quotidienne. Dans les rues, l’ambiance est identique à celle des jours ordinaires. Aucun élément annonciateur du match Cameroun – Moldavie. Les banderoles du sponsor majeur annoncent encore les précédentes rencontres amicales (contre la Macédoine, le Paraguay et l’Allemagne).

C’est pourtant le dernier match amical des Lions indomptables avant le Mondial au Brésil. Cette rencontre, au stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé, est aussi une façon de dire au revoir et recevoir l’onction du peuple camerounais tout entier. Les habitants semblent ne pas être au courant de ce match.

« Ce sont les banderoles que vous voyez là qui nous annoncent les matches des Lions. Si même le sponsor officiel n’en parle pas, cela signifie que ce n’est pas important. Impossible donc d’être au courant de ce match » m’explique un commerçant au lieu dit « Feu rouge » Bessengue.

1- Banderole

Dans les embouteillages, des jeunes proposent des gadgets aux couleurs nationales et aux couleurs des autres équipes : chapeaux, bracelets et drapeaux. Les prix varient entre 200 Fcfa (environ 0,30 euro) et 1000 Fcfa (environ 1,53 euro). Mais, les acheteurs se font rares.

« Ils disent qu’ils n’y a pas encore d’argent. On ne vend pas beaucoup. Ma recette par jour est parfois 2000 Fcfa (environ 3,1 euros), parfois 2500 Fcfa (environ 3,8 euros). On espère qu’on vendra plus pendant la Coupe du monde »,

explique Junior, jeune commerçant. Jean Francis Onguene, un client, me rappelle que « les Camerounais ne sont jamais pressés. Ils attendent toujours la dernière minutes pour se bousculer afin d’acheter un gadget de supporter. Même autour de moi, dans mon quartier, les gens disent attendre le 12 juin (jour du match d’ouverture). Faute d’argent actuellement, je prends uniquement deux drapeaux et des bracelets pour mes enfants ».

3- Les drapeaux des différents protagonistes

Par endroit, quelques rares drapeaux flottent au vent. Des signes qui prouvent que les supporters des Lions indomptables trainent encore le pas dans la ville de Douala. Contrairement aux années antérieures où les rues rayonnaient aux couleurs tricolores.

Cette effervescence matinale autour du football a un impact sur le chiffre d’affaire des vendeurs de maillots. Fabrice en est un. Installé au lieu dit « Equipement » à Akwa depuis quelques années, il attend impatiemment la venue d’un potentiel acheteur, le premier de la journée. Assis sur son tabouret, à cette heure avancée de la journée (12h), il nous répond avec un air fugace :

« On a du mal à vendre les maillots. On a comme l’impression que les camerounais ne s’intéressent plus au football. Pourtant dans les années antérieures, à moins d’une semaine comme maintenant, les gens se bousculaient. On attend toujours les clients ».

4- Des minables signes par endroit

Vivement le réveil rapide des supporters des fauves d’Afrique centrale, quadruple champions d’Afrique. Afin de porter haut cette équipe jusqu’au sacre final.

Frank William BATCHOU, Observateur de France 24 à Douala

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Je suis blogueur et journaliste camerounais depuis quelques années. Je suis basé dans la ville de Douala.

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