IRAN : L’équipe la plus « mystérieuse » du Mondial

Être une équipe que personne ne connait, et que tout le monde voit finir dernière avec zéro point, c’est le sort qu’on réserve à l’équipe d’Iran. Un Observateur à Téhéran nous explique que son équipe se résume à un seul homme pour le moment : l’entraineur portugais Carlos Queiroz.

C’est un avantage d’avoir des inconnus et des joueurs a priori moins talentueux dans une équipe. A quelques heures du coup d’envoi, voilà ce que vous devez savoir sur l’équipe d’Iran.

La star, c’est l’entraineur

Vous le connaissez forcément : il s’appelle Carlos Queiroz. Il est portugais et a fait les beaux jours du Portugal, de l’Afrique du Sud ou du Real de Madrid. Aujourd’hui, il est le prince au Royaume de Teheran. C’est lui le boss et les joueurs en font les frais : ils ne sont pas autorisés à s’exprimer librement dans les médias, le centre d’entrainement de l’Iran n’est pas ouvert aux journalistes, quel que soit leur media. Les joueurs n’ont pas non plus le droit d’utiliser ni Twitter, ni Facebook.

Ce qui peut paraître un dur traitement a en fait un objectif : pas question pour Queiroz de tergiverser, moins d’information filtrera sur l’équipe d’Iran, mieux il se portera. L’entraineur sait qu’il prend un risque en coachant une équipe a priori très faible, donc le moins d’indices ses adversaires auront, le mieux ce sera pour lui.

Depuis la victoire mémorable de l’Iran 1-0 contre la Corée du Sud qui a qualifié l’équipe pour la Coupe du monde, Queiroz a concentré toutes les critiques des journalistes iraniens. D’emblée méfiants lorsque le coach portugais a pris la tête de la sélection, les journalistes iraniens s’en sont donné à cœur joie se demandant pourquoi un « étranger » était à la tête de leur équipe. Queiroz s’en est d’ailleurs amusé et n’a pas hésité à rétorquer aux journalistes que les joueurs, les managers et les dirigeants du monde du football iraniens étaient à ses yeux des « amateurs » et qu’ils avaient besoin d’un coach de son envergure pour réussir.

S’isoler pour mieux régner

A part cela, que sait on de l’équipe d’Iran ? Après avoir concentré toutes les critiques sur lui et mis à l’abri ses joueurs, Queiroz a décidé d’isoler le groupe. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a pris des décisions radicales : de nombreux joueurs de la sélection iranienne ont très peu joué cette année dans leur club, à l’image de Masoud Shojaei, joueur de deuxième division à Las Palmas en Espagne, qui n’a joué que 29 matchs durant la saison pour un total de 5 buts et 10 passes décisives. A contrario, des footballeurs qui jouent en Iran au top de leur forme, comme Mohammad Reza Khalatbari, l’un des meilleurs joueurs du championnat, n’ont pas été sélectionné.

Reza Khatlabari, un des meilleurs joueurs du championnat iranien, n’est pas au Mondial.

 

Pour le moment, même les Iraniens ne savent pas vraiment comment leur équipe va jouer. Pour cause : depuis la victoire de l’Iran sur la Corée, très peu d’images des matchs de préparation de l’Iran ont filtré. Le dernier match contre Trinité et Tobago, joué à Sao Paulo, n’a pas été diffusé à la télévision. Seules images disponibles, celles filmées par des supporters et postées en ligne.

 

 

Malgré ces choix pour le moins surprenant, à Teheran, les Iraniens semblent soudés derrière leur équipe. Tout le monde dans le pays supporte (ou fait semblant de supporter !) l’équipe de Queiroz. Même Khalatbari, qui n’a pas été sélectionné, ne s’est pas prononcé dans la presse pour ne pas avoir été sélectionné.

C’est une stratégie à double-tranchant pour Queiroz : les Iraniens comment à croire aux huitièmes de final, et le premier match ce soir contre le Nigéria permettra d’y voir plus clair. Attention à ne pas tomber de trop haut.

 

Saman Zamanzadeh, Observateur de France 24 à Téhéran

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