Ghana-USA : Un excès de confiance ruineux !

L’équipe nationale de football du Ghana est la seule équipe africaine sur laquelle j’étais prêt à parier mon bien le plus précieux. Je me disais avant le début du Mondial que les autres sélections iraient faire de la figuration en cumulant des défaites ou des matchs nuls avant d’exiger leurs primes exorbitantes pour retourner en Europe. Je n’espérais même pas que la première victoire africaine soit signé des joueurs de mon propre pays tellement j’affichais une attitude de saint Thomas face à la bande à Drogba. Hélas cet excès de confiance au Ghana m’a fait passer une soirée au goût amer…

Pour rien au monde je n’aurais manqué cette première sortie des Blacks Stars. Je m’imaginais les rues de Sekondi-Takoradi ou de Tamalé avec les girls aux couleurs nationales, réunies au Mega Digital pour siroter une Star locale en attendant l’explosion de joie dans les pubs du pays.

Je m’imaginais tout cela… sauf que j’étais à Abidjan et même bien loin du Ghana. Je portais cependant ce pays dans mon cœur, en espérant que le miracle se confirme.

Oublié le Nigeria, place au Ghana !

J’ai vite oublié la décevante sortie du Nigeria : un match nul et vierge face à l’Iran que les i vont regretter amèrement dans les prochains jours.

Ghana-USA, c’était donc un match des grands jours et j’aime bien suivre ce genre de rencontre avec l’arsenal qu’il faut. L’incontournable plat d’attiéké au poisson braisé sur la table qu’accompagne une grosse bouteille de bière (la Drogba nationale). Mais dès que je m’installe devant le poste téléviseur, je manque de m’étouffer avec la première boulette de semoule.

« Comment ? Déjà ? » me suis-je demandé quand les Américains en moins d’une minute sont venus réveiller le Ghana ! Impossible, je me disais que dans les minutes qui suivaient, les Boys seraient en larmes car j’avais confiance en cette équipe du Ghana qu’aucun but ne pouvait désorganiser.

Gagné d’avance ? Que nenni !

Je me suis rendu compte malheureusement que l’excès de confiance dont je faisais preuve était partagé par les joueurs sur le terrain. Etre mené et jouer comme s’il n’y avait aucune pression est une attitude à éviter à ce niveau de la compétition. Les Ghanéens certainement auréolés de l’orgueil de deux victoires précédentes sur les Américains  (lors des Mondiaux 2006 et 2010) se disaient que c’était gagné d’avance. Que nenni ! Ils ont eu en face une génération des Boys qui étaient venus sur ce terrain pour vaincre le signe indien.

J’ai eu du mal à reconnaître cette équipe du Ghana : combative une minute sur trois, refusant de revoir son jeu pour l’adapter à la hargne des Américains. Les beaux gestes techniques, les passements de jambes et autres fantaisies ne font pas gagner un match. C’est le ballon dans les filets qui fait tourner le tableau d’affichage. Et ceux qui l’ont compris sont les Américains qui sans complexe ont développé un jeu basé sur une solide défense avec des contre-attaques très bien orchestrées. Les brésiliens d’Afrique ont oublié que dans la culture anglo-saxonne du football c’est la fin qui importe et non la manière d’y arriver.

L’égalisation aurait pu servir de base pour relancer la marche vers une victoire mais à moins de dix minutes de la fin du match, le Ghana a choisi de « gérer le temps » à travers des passes et un jeu au ralenti qui finalement donnera le temps aux américains de les assommer.

Une défaite, des questions

Comme le disais si bien le commentateur sportif ivoirien Ricardo Zama, « dans un match de football, lorsque le coup de sifflet final n’a pas encore retenti, tout est encore possible sur l’aire de jeu ». Le Ghana ne l’a pas compris ! 2 – 1 et je me demande comment a été la nuit des joueurs ? La mienne fut longue avec des questions qui revenaient sans cesse dans mes pensées.

Est-ce réellement l’équipe du Ghana sur le terrain ? Pourquoi penser qu’on peut éternellement battre une équipe ? D’où est venu cet excès de confiance qui a fait chuter cette Nation du foot africain que j’attendais ? Je continue de me poser les mêmes questions au moment où je mets un point final à ce post.

Kahofi SUY, Mondoblogueur à Abidjan

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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