Brésil : la Seleçao doit encore convaincre

Lundi, la Seleção rencontre un lion blessé pour son ultime match de la première phase de son mondial. Aussi fou que cela puisse paraître, le billet pour les huitièmes n’est pas encore composté. Le match contre le Cameroun est donc décisif mais l’important est ailleurs : imposer son identité de jeu et séduire enfin la nation auriverde. (Crédit photo : Benjamin Potet)

Certes, mardi dernier il y a eu du mieux comparé au match d’ouverture contre la Croatie, après lequel même les médias s’accordaient pour faire part de leur inquiétude (le grand patriote Galvão Bueno, fidèle commentateur de la Globo en tête).

Certes, sans un Memo Ochoa en transe, Neymar Junior et sa bande se serait surement qualifiés pour les huitième de finale dès le match contre le Mexique .Certes, en cas de victoire, le Brésil sera bien premier de son groupe. Cependant le niveau de jeu et surtout la faible efficacité du pays hôte inquiètent les torcedores.

Un tournoi ouvert et le Joga Bonito à l’honneur

Nous assistons à une Coupe du monde tournée vers l’offensive. C’est bien l’anti-2010, qui était une compétition fermée et extrêmement tactique. Cette année la vista, le fighting spirit (ou grinta), la justesse technique et l’efficacité offensive sont à l’honneur. Des Pays-Bas au Chili en passant par la France, l’Allemagne ou même l’Algérie, les équipes qui en veulent et savent se projeter vers l’avant détiennent souvent la clé du match.

Au Brésil, la première victoire était entachées par des erreurs d’arbitrage et le second match par une certaine frustration. Il faut donc que le troisième soit parfait pour que le Brésil rentre enfin dans sa Coupe du Monde. Car après un Cameroun sans sa star Eto’o et miné par les conflits entre les joueurs eux-même et avec la fédération, ce sera le Chili ou la Hollande, bref, l’une des deux sensations de ce début de compétition. Attention cependant à l’excès de confiance car ce ne sont pas les surprises qui manquent depuis le début de la compétition : qualification du Costa -Rica, sorties prématurées de l’Espagne et de l’ Angleterre après seulement deux matchs.

Fred et Paulinho dans l’oeil du cyclone

Si les latéraux Daniel Alvés et Marcelo se sont réveillés après leurs difficiles entrées dans la compétition, deux joueurs sont la cible des critiques: l’ancien lyonnais Fred et le milieu Paulinho.

Fred est le choix par défaut de Felipão, après la décision – incompréhensible !? – de Diego Costa de porter le maillot de l’Espagne. L’an dernier, Fred s’était particulièrement illustré lors de la Coupe de Confédérations (5 buts) et sortait de deux exercices très réussis avec Fluminense (65 buts en 88 matchs entre 2011 et 2012).

Ces deux dernières années ont été beaucoup plus délicates avec la rétrogradation du club carioca sauvé par une décision administrative. Encore dans le 11 de Luiz Felipe Scolari, il semble perdu sur le terrain ou inexistant en se faisant remarquer seulement par ses positions hors-jeu.

« Chenapan Fred, il n’a pas payé son billet mais a vu le match à une place privilégiée. »

Quand à Paulinho, l’homme de base du Corinthians champion du monde 2012 est reconnu internationalement depuis sa signature à Tottenham et sa grande Coupe des Confédérations. Son rôle est de faire le liant entre l’attaque et la défense, or, c’est plutôt son compère du milieu Luis Gustavo ou les défenseurs centraux David Luiz et Thiago Silva qui ont des initiatives jusque là.

Dans le système Scolari, on attend du profil de Paulinho cette rigueur européenne et cet abattage au milieu de terrain. Pour l’instant : rien! La veille de ce match décisif, c’est même sa mère qui a déclaré dans les médias que les critiques ne le touchaient pas et qu’il y avait encore beaucoup de matchs pour qu’il puisse s’illustrer.

La réponse à ces questions seront probablement dévoilées lundi. Nous verrons si la Seleção enchantera vraiment son peuple. Sinon Felipão devra rapidement trouver des solutions alternatives, avec des décisions pas toujours évidentes à prendre.

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benpotet

benpotet

Mordu de ballon rond depuis tout petit, mon installation à Sao Paulo il y a maintenant 3 ans n’est donc pas seulement le fruit du hasard. Ce mondial, je voulais le vivre sur place pour mieux en connaître les coulisses mais aussi partager ce moment unique avec le peuple auriverde. Mon cœur penche pourtant plutôt pour la France, l’Italie, l’Argentine ou le Chili… Mais je compte sur toi Brasil pour me donner tort et retourner mon maillot.

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