Côte d’Ivoire : Bring back our Zahui !

Les plus sceptiques sont désormais convaincus : Sabri Lamouchi n’est pas et n’a jamais été l’homme qu’il fallait à l’équipe nationale. L’entraîneur imposé par les barons de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) aura démontré encore une fois ses lacunes face à la Grèce et ruiné l’espoir d’une qualification des Eléphants pour le second tour. Se pose désormais la question de sa succession et de l’avenir de la Côte d’Ivoire.

Certes, les joueurs ivoiriens étaient méconnaissables sur le terrain, subissant totalement la domination d’une petite équipe. Mais lorsque vient l’heure du réveil des athlètes sur le terrain, c’est bien à l’entraîneur d’effectuer les bons réglages pour assoir un bon jeu.

Un deuxième but ivoirien était possible

Hélas Sabri Lamouchi ne l’a pas compris et ses décisions hasardeuses ont conduit l’équipe ivoirienne dans le mur. Lorsqu’on subit la pression de l’adversaire et que par le plus heureux des hasards – ou par un sursaut d’orgueil des joueurs – on arrive à réduire le score, il est plus que judicieux de maintenir la cadence en exerçant une pression sur les défenseurs adverses.

Yaya Touré et ses coéquipiers l’avaient compris. Avec le but de Bony Wilfried, l’attaque ivoirienne avait commencé à sortir de sa torpeur pour assiéger le camp de la Grèce. A moins de 15 minutes de la fin du match, un deuxième n’était pas impensable.

Les inexplicables sorties de Drogba et de Gervinho

Malheureusement c’est le moment que choisi Sabri Lamouchi pour sortir coup sur coup deux attaquants, et non des moindres : Drogba Didier et Yao Kouassi Gervais rejoignaient ainsi le banc de touche, comme si le sélectionneur croyait que le match était déjà plié.

Erreur de jugement : la sortie de Drogba a même été saluée par les supporteurs de la Grèce qui voyait l’épouvantail de service quitter le champ. Yao Kouassi Gervais – qui avait en l’espace de 10 minutes retrouvé sa vigueur – le suivait au grand étonnement de tout Abidjan. Que vont faire ces messieurs sur le banc alors que le match entre dans une phase décisive ? La pression aurait été maintenue dans le camp adverse et les Ivoiriens n’auraient pas cherché à défendre, occasionnant un nombre importants de fautes et finalement… le penalty fatal

Lamouchi, critiqué mais pas remplacé

L’erreur de jugement de l’entraîneur a conduit à la défaite car dans un Mondial où plusieurs grandes nations du football sont tombées avant les huitièmes de finale 3 minutes peuvent suffire pour changer le destin d’un pays. La Grèce en joie et la Côte d’Ivoire en pleurs. Mais au fond, c’est bien ce que nous méritons.

Car pendant longtemps cet entraîneur avait fait l’objet de vives critiques sans que jamais personne à la FIF ne s’inquiète. C’est bien dans ces moments d’intense tristesse qu’on se rappelle qu’un homme aurait pu faire mieux. Un homme critiqué parce qu’il a voulu mener cette équipe avec une rigueur militaire pour que la discipline et le sens du travail puissent y régner. Zahui François – qui malgré ses bons états de service – a été remercié en 2012. Même son excellent parcours à la CAN n’a pas empêché la Fédération de le virer. Mais aujourd’hui, certains espèrent son retour : une page Facebook a même été créée pour qu’il reprenne les rennes de la sélection. Elle a récolté à ce jour plus de 14.600 signatures.

Et si le salut venait d’un entraîneur local ?

Moins payé que Sabri, il a pourtant marqué son passage à la tête de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire. Les journalistes de la presse sportive, à coup de billets enflammés, ont estimé que la Côte d’Ivoire avec ses supers-stars avaient besoin d’un homme plus expérimenté. En lieu et place de Zahui François, Sabri Lamouchi nous a été servi comme une soupe mal cuite.

Un entraîneur avec une expérience avérée remplacé par un jeune stagiaire ! « Nous avons de bons joueurs, Zahui Fronçois ne fait rien d’extraordinaire » me disait un confrère, à qui d’ailleurs je dédie ce billet. Les mêmes bons joueurs entre les mains de Sabri Lamouchi et c’est l’humiliation totale. Trois matchs avec des stratégies de jeux prévisibles et toujours cette manie de faire croire au monde que les cadres de l’équipe n’apportent rien.

La défaite est consommée et la FIF doit en tirer des leçons. Si le salut de notre équipe nationale vient des entraîneurs locaux autant leur faire confiance car à ce que je sache le seul trophée continental que nous avons est estampillé de la griffe de Yéo Martial, un entraîneur ivoirien…

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.

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