Cameroun : retour des Lions en pièces détachées

Après leur Mondial totalement raté, les Lions indomptables ont quitté le Brésil. Si certains ont décidé d’éviter le pays en retournant directement en Europe, d’autres sont passés par la case Cameroun. Un retour en ordre dispersé qui prouve l’explosition d’un groupe. (Crédit photo : mustapha_ennaimi, Flickr/CC)

Ce n’est pas la première équipe dans laquelle on enregistre un tel malaise humain et tactique. Nous en sommes conscients. Ce à quoi on ne s’attendait pas, malgré la colère des camerounais, c’est ce retour en pièce détachée. Pour une équipe supposée « Une » au départ. N’est ce pas le même avion qu’ils avaient tous pris au départ de Yaoundé ?

Pas de foule pour « les héros« 

C’est donc un spectacle ahurissant qui s’est vu à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen. Primo, pas de foule pour accueillir les « héros brésiliens ». Pourtant, des centaines d’hommes, vêtus aux couleurs du grand sponsor, avaient avalé des dizaines de kilomètre à pied pour aller dire au revoir aux fauves.

Secundo, le site aéroportuaire était quadrillé par des hommes en tenue militaire. Question d’assurer la sécurité de la huitaine de joueurs retournée au Cameroun. Ceux-ci sont très vite engouffrés dans une voiture pour être conduit dans leur hôtel sous escorte. Hum !!! Le pays, hey ! Les autres coéquipiers ont pris la direction de l’Europe pour, disent-ils, rejoindre leur famille ou leur club.

En tant qu’ambassadeur de toute une nation, je pense qu’en tant que patriote, vous deviez d’abord retourner à Yaoundé au Cameroun, lieu de départ pour la coupe du monde, avant de se séparer. Mais hélas !

Haie d’honneur pour Volker Finke

Avant le Mondial, le geste avait été immédiatement critiqué : celui de remettre à Volker Finke, l’entraîneur national des Lions indomptables du Cameroun, le drapeau camerounais au stade omnisport Ahmadou Ahidjo.

Le « sorcier blanc » devenait ainsi le porte-étendard de cette nation. Incroyable… et pourtant vrai ! Après la débâcle des Lions indomptables, l’homme à pris la clé des champs. Emportant avec lui, le drapeau tricolore camerounais que lui avait remis le Premier ministre, Philémon Yang.

Mais l’homme pouvait-il vraiment revenir au Cameroun ? Pour ceux qui dorment toujours, Volker Finke vous a dit au revoir avant de partir. Oui, je suis sérieux. Les affiches sont bien visibles. Ses poulains lui avaient d’ailleurs fait une haie d’honneur sur la publicité d’un sponsor…

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Les bras levés vers le ciel, il a marmotté : « Adieu cher(e)s camerounais(es). Ce fut un plaisir »…

Ahahahahhaha ! Ce n’est pas le premier à poser ce genre d’acte. Paul Le Guen, ex coach des Lions indomptables lors du mondial 2010 en Afrique du sud, avait fait pareil. Après l’élimination du Cameroun au premier tour (0 points, 9 buts encaissés et 2 buts marqués), l’homme avait pris la direction de la France. Sans signaler courageusement sa démission comme Sabri Lamouchi de la Côte-d’Ivoire ou Cesare Prandelli de l’Italie.

Les Camerounais doivent accepter la défaite

 

De toute façon, je vous comprends les gars. En faisant escale au Cameroun, vous auriez été certainement molesté comme Stéphane Mbia Etoundi qui a pourtant donné le meilleur de lui au Brésil.

Sérieux, les Camerounais devraient apprendre à accepter la défaite, pareil comme la victoire, et arrêter ce genre de barbarie commis sur Stéphane Mbia, le 25 juin 2014 à l’Avenue Kennedy à Yaoundé.

Frank William BATCHOU, Observateur de France 24

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Je suis blogueur et journaliste camerounais depuis quelques années. Je suis basé dans la ville de Douala.

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