Supporter ? Alors il faut supporter…

BILLET D’HUMEUR I Ce billet fait partie de ceux que je n’aime pas écrire. Il va être froid, sans concession : je vais vous parler de ce Mondial et de ce que j’ai aimé ou non durant la première phase de la compétition. (Crédit photo : Marcello Casal Jr./ABr, Wikimedia Commons)

« Charité bien ordonnée commençant par soi même« , je débute par les équipes africaines. Parce que j’aime mon continent l’Afrique, et que « qui aime bien châtie bien« , comme dirait un autre adage. Au passage, je rappelle que l’Afrique n’est pas un pays, mais un continent de 50 Etats…

Les cinq équipes en lice – Cameroun, Ghana, Côte d’Ivoire, Nigeria et Algérie – n’ont pas toutes été exemplaires. Notons-le. Mais ce qui m’a choqué au plus haut point, c’est leur manque d’investissement.

« Des joueurs talentueux, mais pas des équipes » : voilà ce qui ne m’a pas plu.

Des histoires, toujours des histoires…

En fait le souci avec les sélections africaines, c’est qu’elles ont le don de se retrouver au coeur d’histoires qui ont un lien avec tout, sauf le football. Pour résumer, avec nos représentants africains au Brésil, nous avons eu droit à :

  • Des histoires de primes : comme une connivence, toutes les équipes ou presque – exceptée l’Algérie – réclamaient des primes et faisaient si elles ne les obtenaient pas. Le problème avec ce genre de problème – excusez la tautologie – c’est que nous ne pouvons nous indigner. Les fédérations de football sont autonomes. La gestion des primes est de leur responsabilité,  et les réclamations sont un remue-ménage qui font encore échos dans notre pays .
  • Des histoires d’indisciplines : comme si les premières histoires ne suffisaient pas. Il fallait ajouter les histoires d’indisciplines. Des joueurs qui font mauvaise presse avant et pendant le tournoi.
  • Des histoires de rigueur : les équipes africaines sont athlétiques, combatives, intelligentes, pétries d’individualités qui donnent envie. Cependant, chez certains comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire , l’esprit d’équipe est un atout difficile à acquérir. J’ai encore dans la tête cette phrase d’Adebayor Sheyi :

« Je n’ai jamais cru en eux. La Côte d’Ivoire, c’est le pays qui va toujours vous décevoir. Ils ont eu le meilleur attaquant d’Europe avec Didier Drogba. Ils ont actuellement le meilleur milieu de terrain avec Yaya Touré, mais aussi un des meilleurs attaquants d’Angleterre avec Wilfried Bony. Mais il n’y a pas de solidarité. Ils vont parler, rire et s’amuser ensemble, mais, le moment venu, ils oublieront de faire leur travail. Comment se fait-il que lors des quatre ou cinq dernières années, ils n’ont pas gagné la Coupe d’Afrique des Nations ? Tout le monde veut passer pour le héros et c’est ce qui est en train de tuer la Côte d’Ivoire. »

… et celle de Claude le Roy :

« Je suis anéanti. Quel gâchis ! Car je pense que le Cameroun avait un effectif très solide. Je ne porte pas de jugement sur l’entraîneur [l’Allemand Volker Finke] mais ce groupe n’était pas tenu. Il y a deux éléments essentiels dont on ne parle jamais dans le football qui sont la discipline et la préparation athlétique. Quand on voit le comportement de Benoît Assou-Ekotto et de Benjamin Moukandjo [qui en sont venus aux mains à la fin de la rencontre], on se dit qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Physiquement, j’ai eu mal. Le Cameroun est bien sûr toujours particulier pour moi et spécialement au Brésil : c’est ici, il a bientôt trente ans, que j’avais effectué ma première tournée avec cette équipe… »

Le Mondial des sélection africaines est digne de la vie sexuelle d’une fille de pasteur s’essoufflant par les préliminaires sans pour autant conclure… dixit le Mondoblogueur togolais Aphtal Cissé. Et je suis bien d’accord : manque de rigueur, lent à la finition, laissant passer des occasions de tuer le match.

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Le Mondial cruel des belles équipes éliminées

C’est comme si le sort s’acharnait sur ces équipes qui produisent du jeu, du beau jeu. Des équipes dont les gardiens vous donnent un AVC précoce. Le genre d’accident dont on aimerait bien mourir. Ces attaquants qui butent sur les barres transversales. Maudite barre… Demandez aux Chiliens ce qu’ils en pensent.

Pinnella ? J’en ai encore les larmes aux yeux. Et Enyeama, magnifique  du début et vers la fin ! Quoi ? C’est un Africain. Ah oui, c’est vrai. Et que dire de mes Américains assassinés par les Diables rouges ?

  • Le moment du crime à chaque fois ?  Les prolongations.
  • L’heure du crime ? La fin des matchs, genre une à deux minutes du coup de sifflet final, celui censé précéder la terrible séance des tirs aux buts
  • L’action à chaque fois ? Dans 50 % des cas, un penalty.

De quoi vous rendre fou… Ce que je suis presque devenue. RIP Le Chili, l’Uruguay, Nigeria, Algérie, la Suisse, les USA… Si seulement le football primait les plus compétitifs ! Mais c’est le jeu, c’est le sport, c’est le football que de vous laisser sans voix.

Nous sommes supporters, supportons !

Allez, Son’a ponds !

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Danielle Ibohn
Je suis hypothétiquement barrée... Je dis bien hypothétiquement. Community Manager en herbe, se prenant rarement au sérieux.

3 réflexions sur « Supporter ? Alors il faut supporter… »

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