Ces gants de feu

BILLET D’HUMEUR | Durant ce Mondial, quatre portiers ont particulièrement brillé. D’ingrat, le poste de gardien de but tend à devenir valorisé. Et ce changement d’état d’esprit, c’est en grande partie à Vincent Enyama, Tim Howard ou autre Guillermo Ochoa que les goalkeepers du monde entier le doivent… (Crédit photo : Philipp Zachl, Wikipedia Commons)

Oliver Kahn, l’ex-capitaine de la Nationalmannschaft avait été le premier – et reste à ce jour le seul – gardien de but à avoir reçu la récompense de meilleur joueur de la Coupe du monde. C’était lors de l’édition 2002.

Il avait glané cette récompense sur toute la durée de la compétition, mais plus particulièrement en raison d’un Allemagne – Etats-Unis en quarts de finale pendant lequel il avait à lui seul maintenu son équipe à flots, les Américains ayant transformé ses buts en Fort Alamo. Ils en avaient fait le siège pendant toute la seconde mi-temps. Pour rien.

Gardien, un poste ingrat ?

Le poste de gardien de but est le poste le plus particulier du football. Le gardien de but est le seul joueur autorisé à prendre la balle de la main, dans une certaine zone du terrain certes. Il porte un maillot dont la couleur est différente de celle des vingt et deux autres acteurs sur le pré (arbitre compris).

Un poste ingrat, car historiquement, le rôle de gardien de but est dévolu au joueur réputé comme étant le plus mauvais, balle au pied. Beaucoup de gardiens de but, même de très grands, vous diront que, ils ont occupé pour la première fois les cages le jour où ils n’ont pu trouver leur place parmi les joueurs de champ.

Un poste ingrat, car l’occupant malgré lui, le malheureux se retrouve souvent au centre de toutes les critiques à cause des buts qu’il a encaissés et est taxé de premier responsable de la contre-performance de son équipe. Gardien-passoire, va !

Poste ingrat, car dans les clubs de football, surtout au niveau professionnel, il ne fait pas bon être relégué au rôle de gardien de substitution (on calme ton aigreur en t’appelant deuxième ou troisième gardien), réduit à souhaiter le malheur du gardien titulaire. Lorsqu’il est particulièrement en forme, ce dernier peut même jouer tous les matchs de son équipe.

Quatre remparts au Brésil

Pendant ce Mondial, il ne faisait pas bon être le remplaçant de Vincent Enyeama (Nigeria), de Guillermo Ochoa (Mexique), de Manuel Neuer (Allemagne) et de Tim Howard (Etats-Unis).

Tous les quatre ont eu le bonheur d’être le dernier rempart de lignes défensives clairement aux abonnés absents. Vincent Enyeama a délivré des parades de classe et des arrêts-réflexe dignes de Spiderman. Guillermo « Memo » Ochoa a été l’homme du match Brésil – Mexique. Il a particulièrement énervé les attaquants de la Seleçao (on se rappelle du regard exaspéré que Neymar lui a lancé après qu’il a enrayé, une fois de plus, l’une de ses nombreuses tentatives). Le génial Ochoa a récidivé contre les Pays-Bas, ce qui n’a malheureusement pas suffi. Lui qui est arrivé à la coupe du Monde sans club en verra sûrement se bousculer à son portillon.

Manuel Neuer s’est particulièrement décarcassé pour éviter à l’Allemagne d’être éliminée face à une très bonne Algérie. N’eût été ses arrêts et surtout ses interventions dignes d’un vrai libéro, les Germains ne seraient pas sortis aussi heureux de cette rencontre.

Tim Howard a longtemps sauvé les meubles étatsuniens lors des huitièmes de finale contre la Belgique. Il a tout bonnement subi un pilonnage en règle de la part des Belges. Les statistiques sont éloquentes : la Belgique a effectué 38 tentatives, 27 étaient cadrées et Tim Howard en a sorti à lui seul 15 ! Un record en Coupe du monde! Il avait été tout aussi héroïque face à l’Allemagne en troisième match de poule. Tous ces gardiens de but ont tenu tête aux attaquants surexcités tout au long de ce tournoi.

Sentinelles salvatrices

Désormais, le gardien de but n’est plus un simple faire-valoir. Ce sont de vraies sentinelles salvatrices. Lesquelles sentinelles inspirent les jeunes.

L’un des plus grands gardiens de but de la dernière décennie, l’Italien Gianluigi Buffon, a d’ailleurs révélé qu’il a su qu’il voulait devenir gardien de but en voyant le Camerounais Thomas Nkono jouer pendant la Coupe du monde de 1990.

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René Jackson Nkowa
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
René Jackson Nkowa

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3 réflexions sur « Ces gants de feu »

  1. Complètement d’accord! J’ai vu les performances de ces quatre gardiens (sauf Ochoa) et ils sont vraiment époustouflants. Espérons que Neuer sera un peu moins en forme contre la France demain 😉

  2. A part Neuer, tous les gardiens de ta liste sont très moyens … je dirai même plus. Aucun d’eux (je parle des trois autres) n’a le niveau de Weidenfeller , portier de Dortmund.
    Je pense aussi que ce dernier est supérieur à Neuer, mais le gardien du Bayern a l’avantage de jouer avec les pieds mieux que quiconque (Sauf Van der Saar… he he 🙂 ) .
    Les attaquants de cette Coupe du monde s’illustrent surtout pour tirer sur les gardiens, d’où les arrêts.. à part l’arrêt de Ochoa sur la tête de Neymar je n’ai rien vu d’extraordinaire. Surtout ce Tim Howard qu’on essaye de nous faire avaler comme un grand gardien… houlala , je vous en prie… un mec qui n’a pas su se maintenir en Première League?!
    Et s’ils étaient aussi bon que cela, pourquoi jouent-ils tous à Ajaccio, Lille et autres…
    Gardiens top de cette Coupe du monde : Buffon, Weidenfeller, Neuer, Joe Hart, Hugo Boss, De Gea (même sans jouer).

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