Brésil-Colombie : panique dans le camp auriverde

J’avais pressenti ici même sur ce blog que Felipe Scolari avait commis quelques erreurs et qu’il continuait d’en commettre. Cela m’a valu des critiques. Un « fait nouveau« , inédit dans l’histoire du football brésilien (et à ma connaissance cela ne s’est jamais produit ailleurs) vient d’arriver : ce lundi 30 juin 2014, le sélectionneur auriverde a convoqué six journalistes brésiliens pour leur faire part, tenez-vous bien… de ses erreurs et ses craintes. (Crédit photo : Tânia Rêgo/ABr , Wikimedia Commons)

Le match contre le Chili restera une marque dans l’histoire de la Seleção pour plusieurs raisons, mais peut-être que la plus significative est cette image qui a fait le tour de la planète où l’on voit le capitaine Thiago Silva assis sur un ballon, en pleurs et à l’écart du groupe qui se préparait à en découdre avec les Chiliens.

Ni les médias, ni la population ne pardonnent au capitaine du PSG cette faiblesse. Pendant les jours qui ont suivi, les larmes des Neymar, Júlio César et Thiago Silva ont éclipsé tous les autres sujets autour de ce match.

Thiago Silva avait même demandé, contrairement à la volonté de son entraîneur, de « tirer son penalty après Júlio César« , soit en septième position. Hallucinant !

Les aveux de Felipe Scolari 

Apparemment, Scolari n’a plus la main sur son groupe. Si certains en doutaient encore, la « réunion secrète » hier avec les « six journalistes de sa confiance » a confirmé les inquiétudes des observateurs.

Juca Kfouri (@JucaKfouri) et Paulo Vinicius Coelho (@pvcespn), tous deux journalistes à ESPN et Folha de São Paulo ont pris part à cette réunion où Felipe Scolari a reconnu que:

  1. Thiago Silva n’a pas oublié la défaite de la Seleção aux Jeux olympiques de Londres et qu’il est le plus affecté par des problèmes émotionnels.
  2. Il aurait dû sélectionner d’autres joueurs. Que sa « liste des 23 » n’est peut-être pas la meilleure. Regrette-t-il ainsi de ne pas avoir sélectionné Coutinho? [voir l’erreur n°5 sur le premier lien de cet article]
  3. Contre la Colombie, il faudra jouer avec la tête et non pas avec le coeur : cela veut dire qu’il faudra corriger les erreurs tactiques et techniques présentées par la Seleção.

Le technicien brésilien a par la suite reproché aux médias de ne pas suffisamment appuyé ses joueurs, affirmant que la presse a trop parlé du « penalty sur Fred » face à la Croatie et pas assez de la simulation de Robben face au Mexique.

David Luiz, le vrai capitaine

On nage en plein rêve ! Une grande partie de la presse qui n’était pas à cette fameuse réunion entend que Felipe Scolari veut masquer « les faiblesses tactiques de son équipe par un débat sur l’émotion des joueurs ainsi que sur les erreurs d’arbitrage ». On l’accuse également de « préparer l’opinion à un éventuel échec face à la Colombie de James Rodriguez« .

Les journalistes présents à cette réunion ont également conclu que le vrai capitaine de cette équipe du Brésil n’était pas Thiago Silva mais plutôt son futur coéquipier du PSG, David Luiz. Une bonne ou mauvaise nouvelle pour les Parisiens ?

Cette semaine donc, la psychologue Regina Brandão – qui a déjà travaillé avec Felipe Scolari par le passé – devra faire un tour à la Granja Comary, camp de base de la Seleção, pour discuter individuellement avec les joueurs avant cette fatidique rencontre face à la Colombie.

Neymar va-t-il enfin craquer? 

Pour finir, je voudrais revenir sur deux faits marquants (de mon point de vue) lors de ce Chili-Brésil. Premièrement, jamais je n’avais vu Neymar pleurer avant ou pendant un match de football quel que soit l’enjeu. Et pourtant je suis Neymar depuis ses débuts à Santos. [voir l’erreur n°2 sur le premier lien de cet article]

Deuxièmement, il y a cette scène qui selon moi confirme que Felipe Scolari n’a plus le contrôle de la situation : juste avant les prolongations Hulk va lui demander des instructions, car « rien ne va sur le terrain« . Mais son entraîneur le renvoie en écartant les bras voulant dire qu’il n’avait aucune solution… Tout est dit !

 

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Serge
Serge Katembera est congolais, diplomé en journalisme. Doctorant et chercheur en Sociologie des Nouveaux Médias à l'Université Fédérale de Paraíba au Brésil. Il est l'auteur d'articles publiés dans des révues académiques brésiliennes et internationales.

13 réflexions sur “ Brésil-Colombie : panique dans le camp auriverde ”

  1. Visiblement l’équipe colombienne est favorite pour ce match, car en plus ces qualités tactiques et physiques, elle plus mure la Seleçào de cette coupe du monde. Elle l’a démontré au cours de sa rencontre avec l’Uruguay.

  2. Scolari doit donc prendre ses dispositions s’il espère une victoire. Juste un peu de concentration au niveau des joueurs et la colombie n’aura pas la tâche facile.

  3. le brésil de ce mondial ne me convient pas l’équipe était beaucoup plus forte durant la coupe des confédérations peut être c’est la pression qui est trop forte.Je ne comprend pas et beaucoup d’entre eux jouent dans les plus grands clubs au monde.Retenez vos émotions un grand joueur doit supporter une pression sinon il n’a cas arrêter le football.

  4. Pas de panique dans le camp de la Seleção. C’est la même équipe de la coupe des confédérations l’année dernière c’est plutôt la pression qui est trop forte, les joueurs doivent concentres pour montes en force et champion pour une sixième fois.

  5. meme si le bresil devenait lequipe la plus faible la colombie ne preblndra jamai le dessus face au selecao. et en plus de cela c la faiblesse dont on parle qui est la force de cett equipe et malgre que je ne sui pa dakor le cotch concernant le choi des 23 joueur mai je lui fai cinfiance. sa tactic consiste a fair le faible pour surprendr et gagner

  6. Sur certains point on dirait que le brésil a le même problème que l’argentine. c’est au niveau du milieu terrain. ces deux équipes n’ont pas un véritable 10 à l’image d’un Xavi, Pirlo, Zidane ou Riquelme pour distiller de bon ballon aux attaquants et pourquoi pas de stabiliser le jeu.

    1. Exactement ce que dit la presse brésilienne. que le Brésil et l’Argentine ont le même problème : la dépendane en un seul joueur. Mais pour le coup, l’Argentine a le meilleur 10 du monde: Messi !
      Leur problème, c’est Scolari et Sabella …

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