« Pourquoi l’Argentine va gagner cette Coupe du monde »

A deux jours de la finale, la victoire de l’Argentine est désormais évidente pour moi. Parce que le football n’est pas une science exacte, le Mondial sud-américain sacrera des Sud-Américains et Lionel Messi sera « inmessionante« .

S’il y’a une leçon que je retiens jusqu’ici de la Coupe du monde, c’est que le football n’est pas une science exacte. Les matchs se suivent sans se ressembler. Les pronostics restent des pronostics.

On a pu observer au premier tour l’élimination des équipes considérées comme favorites. C’est le cas avec les sorties prématurées de l’Espagne, de l’Italie et de l’Angleterre. Après la démonstration de l’Allemagne face au Portugal (4-0), les analystes prévoyaient des tsunamis successifs contre les équipes qui se présenteraient sur le chemin de la Nationalmannschaft. Mais cela a été tout le contraire jusqu’à ce que les coéquipiers de Thomas Müller rencontrent le Brésil. Un séisme de magnitude 7.1 s’est abattu sur la Seleçao.

C’est sûr que les uns et les autres vendent déjà très moins cher la peau de l’Argentine lors de cette finale. Mais ils doivent bien se rendre compte que le football n’est pas une science exacte. Lors de cette Coupe du monde, les matchs se suivent mais ne se ressemblent. La finale sera un tout autre match, au cours duquel l’Amérique appliquera une maxime qui est devenue une réalité lors des éditions de la Coupe du monde : l’Amérique aux Américains.

L’Amérique restera aux Américains

Depuis la première édition de la Coupe du monde en 1930, aucun pays européen n’a réussi à remporter une Coupe du monde organisée en Amérique du Sud. C’est toujours la loi du domicile qui règne.

L’Uruguay s’est imposée deux fois (1930 et 1950), le Brésil une fois (1962) et l’Argentine une fois également chez elle en 1978. Ce n’est pas aujourd’hui que cette tradition sera remise en cause. Même lorsqu’une Coupe du monde a été organisée en Amérique du Nord, elle est restée sur le continent. On se souvient de la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis, remportée par la Seleçao. La seule fois où l’Europe a conquis un trophée mondial hors de ses terres c’était en 2010, en Afrique du Sud. On comprend, passé colonial oblige, que l’Afrique est la « chasse gardée » de l’Europe. Mais l’Amérique reste aux Américains comme le disait James Monroe. C’est cette loi qui s’appliquera malheureusement dimanche au grand dam du pape Benoît XVI et de la chancelière Angela Merkel.

The Messi’s Time, ou l’heure du Messi « inmessionante« 

Depuis plus de 5 ans, Lionel Messi est le dieu du football. Du moins, il est le fils du Dieu, mais on sait que le père et le fils ne font qu’un. C’est son temps, le temps au cours duquel il nous montre tout ce qu’il a dans les tripes. Après avoir tout gagné avec son club, il est très motivé par l’envie de conclure cette belle page de son histoire avec une coupe du monde. Et je suis convaincu qu’il donnera tout pour aller chercher ce troisième sacre mondial pour son pays. Souvent critiqué pour ses prestations moins bonnes en équipe nationale par rapport au club, Lionel Messi aura à cœur de faire définitivement taire les critiques et d’envoyer Maradona au repos une fois pour toutes.

Il a sa carte à jouer. C’est le temps où la pulga assumera l’adjectif « inmesionante » qui existe à son sujet dans les dictionnaires espagnols. Selon le dictionnaire Santinallainmessionante signifie :

Calificativo referente a Messi, a su manera perfecta de jugar al fútbol, a su capacidad ilimitada de autosuperación. Dícese del mejor futbolista de todos los tiempos.

En français, inmessionante est un qualificatif qui fait référence à Lionel Messi, la manière parfaite de jouer au football, à sa capacité illimitée de se dépasser. Se dit du meilleur joueur de tous les temps.

Après tous les titres remportés en club, la pépite argentine sera tout simplement inmessionante pour son pays. Il va une fois encore se « dépasser » pour prouver aux indécis qu’il est le meilleur du siècle et pourquoi pas le « meilleur joueur de tous les temps ». Messi sera ce dimanche le meilleur dans le meilleur stade, le temple du football qu’est Maracana.

Un désir de vengeance

Il faut bien qu’il venge ses amis et collègues en club Neymar et Dani Alves qui ont reçu une correction de la Mannschaft. L’attaquant brésilien du FC Barcelone qui n’a pas pu jouer les demi-finales contre l’Allemagne à cause de sa blessure a affirmé lors de la conférence de presse le 10 juillet  qu’il « sera le premier supporter de Lionel Messi.« 

J’imagine un peu la réponse de la vedette argentine : « Ne t’inquiète pas mon petit,  je serai à la hauteur de tes attentes et je vous vengerai face à l’Allemagne. »  Il sera aussi question pour l’Argentine de laver la correction de 2010. L’Allemagne avait donné une fessée aux coéquipiers de Lionel Messi en quart de finales du Mondial sud-africain. Score de la partie : 4-0.

Une victoire pour l’histoire

C’est un geste d’autorité et de transmission du pouvoir qui se mettra en œuvre ce dimanche. Vous me demanderez : « Est-ce que Messi est le seul joueur au stade pour jouer contre l’Argentine ?» Je répondrai que Messi est Messi, quand il veut que les choses changent, elles changent. C’est lui qui a le dernier mot. Vous rétorquerez « Mais pourquoi il n’a pas eu le dernier mot hier contre les Pays-Bas ? » Je vous dirai « Premièrement, vous êtes myopes, deuxièmement, comme Serge le disait les voies de Dieu sont impénétrables, celles de son fils le sont également étant donné que les deux ne font qu’un. »

Pour toutes ces raisons,  Messi rentrera avec cette Coupe du monde en Argentine.

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Ulrich Tadajeu
Ulrich Tadajeu Kenfack prépare une thèse de Doctorat en Histoire Politique à l'Université de Dschang, au Cameroun. Ses domaines de recherche portent sur les comportements politiques, les luttes nationalistes, la reconstruction politique après les épreuves de terreur, la communication politique et le web 2.0. Il est également Community Manager dans une institution universitaire d'enseignement et de recherche.

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