Une prochaine Coupe du monde sans la FIFA

BILLET D’HUMEUR | La Coupe du monde s’achève, et comme chaque Mondial, l’édition brésilienne n’a pas été épargnée par les polémiques. Des controverses dans lesquelles la FIFA (Fédération internationale de football association ) a parfois été mise en cause. Un audit s’impose (Crédit photo : Steindy, Wikimedia Commons)

Une fois le taureau blessé, affirme un proverbe andalou, des coups viennent de toute part pour l’achever …

Certains médias suggèrent que la FIFA figure parmi les organisations mafieuses les plus puissantes de la planète. Lobbying, pressions secrètes, bakchishs pour obtenir des faveurs ou des votes, corruption et exclusion, après des investigations souvent opaques, de membres indélicats au sein de sa direction, et j’en passe …

Si la FIFA est prise pour cible à diverses occasions, il est de notoriété publique que les médias exagèrent pour faire sensation et pour vendre davantage du web ou du papier.

L’arbitrage, encore et toujours

Un exemple illustre les lacunes impardonnables au sein de cette organisation : l’arbitrage, encore une fois. Le plus curieux, c’est qu’une erreur soit répétée deux fois au détriment d’un pays hôte. Cela frise le scandale ou comme disent les Anglais, amateurs du fair-play, « It is too fishy » !

Au vu de ces faits que des millions d’amateurs de football ont suivis sur leurs écrans ou dans les stades, il serait vital pour maintenir la crédibilité de ce sport et restaurer ses valeurs d’honneur, d’appartenance et de participation, de soumettre la FIFA et ses instances d’arbitrage à un audit par une instance internationale neutre, à l’instar de Standard and Poor’s qui note non seulement les économies, mais aussi les entreprises voir les États.

L’affaire Neymar

Neymar, blessé lors d’une erreur volontaire d’un joueur colombien qui a plaqué son genou sur le dos du brésilien, risquait de finir le restant de ses jours paralysé. La suite est connue de tous. Comment expliquer que le Comité de recours disciplinaire de la FIFA a rejeté l’appel pressant de la Fédération brésilienne à sanctionner le fautif et avertir l’arbitre sur son erreur ?

Ledit comité s’empressa de rejeter la requête brésilienne sous prétexte que l’arbitre n’a pris aucune décision. Cela étant, il se déclare non compétent à se prononcer sur cette affaire ! Qui réglemente alors le foot mondial ? Coca Cola, peut-être ?

Les deux erreurs de Brésil-Pays Bas

L’arbitre algérien du match Brésil-Pays-Bas du 12 juillet pour la troisième place a été responsable d’une nouvelle erreur grotesque avec un penalty pour les Pays-Bas suite à une faute de Thiago Silva sur Robben, alors que la faute avait eu lieu à l’extérieur de la surface de réparation.

Comme si cette erreur ne suffisait pas, quelques minutes plus tard, son juge de ligne ne signalait pas un hors-jeu de Guzman, à l’origine du deuxième but des Pays-Bas contre le Brésil. Tournant plus que dramatique qui change le cours du match. A la deuxième mi-temps, faute de siffler une faute sur Oscar, l’attaquant brésilien qui s’effondre, l’arbitre laisse les Pays-Bas accaparer le cuir et marquer un troisième but qui met le Brésil définitivement hors course ! Il récidive par la suite en privant le Brésil d’un penalty légitime suite à une faute sur le même Oscar devant le but hollandais.

Est-il tolérable de maintenir un tel système ? La réponse la plus évidente est non !

Restaurer la dignité de ce sport

Cependant cet appel à réformer une organisation qui gère des milliards et intervient dans la destinée footballistique mondiale ne signifie en aucun cas dédouaner le Brésil en tant qu’équipe de ses erreurs qui sont à l’origine de sa surprenante déroute. Il ne s’agit pas non plus de chercher à les justifier, mais à restaurer la dignité de ce sport en sanctionnant des erreurs qui causent des injustices inadmissibles.

Ainsi serait il ridicule de continuer à applaudir les gagnants qui montent sur les podiums suite à des erreurs rectifiables, à dresser des statistiques et élaborer des analyses savantes sur les prouesses de tel ou tel vainqueur au lieu de condamner un système inique qui fait de sorte qu’un arbitre, quelque soit sa compétence, demeure un tyran intouchable !

Une Coupe du monde sans la FIFA ?

Combien de fois au cours de cette Coupe du monde n’a-t-on pas assisté a des interventions brutales de certains joueurs dans des gestes de pure obstruction. Des scènes dignes du film Canonball, un film qu’on souhaite qu’il reste dans le domaine de la science-fiction. Ces interventions n’ont été que rarement sanctionnées, à l’exception du cas de Luis Suarez qui relève plutôt de la psychiatrie que de la discipline sportive.

  • Faudrait-il soumettre le système d’arbitrage de la FIFA à un audit ? Oui, une action s’impose.
  • Faudrait-il organiser une prochaine Coupe du monde sans la FIFA ? Pourquoi pas?
  • Ramer contre courant ? Oui, sans aucun doute. Pour que les taureaux meurent, s’ils doivent mourir, dans la dignité !

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Alex Caire
Poète, éditeur et chroniqueur littéraire, passionné de jazz , de sport et de littérature. Producteur de théâtre depuis 1994
Alex Caire

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