« Après Brésil-Allemagne, plus rien ne sera jamais comme avant »

PENSÉE DU JOUR | Quelques jours après, on ne s’est toujours pas remis de cette soirée du mardi 8 juillet 2014. Cette soirée où l’impensable s’est réalisé. Et à mon sens, personne n’est capable d’expliquer pourquoi l’équipe du Brésil est passée totalement à côté de ce match.

Dans mon pronostic d’avant-match, j’avais prédit une « explosion en vol » de l’équipe du Brésil, mais en prévoyant un désormais « petit » 3 buts à 0 pour l’Allemagne. Les raisons de ce pronostic étaient simples :

  • les Allemands avait démontré qu’ils étaient des clients sérieux, de par leur solidité et une maîtrise des évènements qu’aucune autre équipe n’avait démontré jusque-là pendant cette compétition.
  • les Brésiliens par contre sortaient de deux rencontres (contre le Chili en huitièmes de finale et contre la Colombie en quarts) où ils avaient eu toutes les peines du monde à passer.
  •  les joueurs de la Seleçao étaient sous le feu des critiques, notamment à cause de leurs pleurnicheries. Lors du match d’ouverture, les larmes de Neymar, même si elles n’étaient pas compréhensibles, pouvaient être acceptées. Mais on a eu droit lors des rencontres suivantes à un véritable concours de pleurs. Même ceux qui étaient la caution solidité et expérience de l’équipe (Thiago Silva et David Luiz) sont partis dans d’interminables pleurs. C’en était devenu ridicule. Et ça démontrait une chose : ils avaient du mal à encaisser la pression qui s’exerçait sur eux. Et face à l’équipe la plus forte du tournoi, ça allait être problématique.

J’avais prédit une explosion en vol de la Seleçao pleurnicharde face à la rigueur et la froideur allemande. Mais je n’aurais jamais imaginé que ce serait d’une telle ampleur. Ni moi, ni personne d’ailleurs.

401 secondes qui ont tout changé

Depuis ce soir-là, j’ai lu plusieurs dizaines d’articles, écouté une bonne douzaine de chroniqueurs et de consultants de football à la télévision et à la radio pour comprendre comment le Brésil avait pu voler en éclats. D’emblée, ils étaient tous hébétés. Beaucoup se sont lancés dans l’analyse de ces 401 secondes cauchemardesques des Brésiliens. Beaucoup ont appuyé sur l’impact de l’absence de Neymar et de Thiago Silva. Beaucoup ont mis l’importance de ce score sur l’armada allemande.

Sauf qu’on ne peut pas expliquer ce match de façon rationnelle.

  •  l’Allemagne est forte, certes. Mais c’est une équipe qui n’a pas eu un parcours tranquille durant ce Mondial. Il y avait eu cette raclée infligée au Portugal (4-0) d’entrée. Mais les autres matchs s’étaient vraiment disputés : un nul 2-2 contre le Ghana, une victoire par la plus petite des marges (1-0) sur les Etats-Unis, un match compliqué en huitièmes contre une vaillante Algérie (2-1), un quart de finale serré contre la France (1-0). Tel était le parcours de la Nationalmannschaft. Ils avaient certes prouvé une certaine solidité, mais rien de véritablement transcendantal.
  • beaucoup d’observateurs ont pointé du doigt l’équipe actuelle du Brésil, sensée être l’une des plus faibles de l’histoire de ce pays. Faiblesse aggravée par l’absence des deux joueurs les plus probants : le sauveur Neymar et l’assurance tous risques défensive Thiago Silva. Justificatif insuffisant. Les Brésiliens avaient des choses à faire valoir qui dépassent l’absence de quelques joueurs ou la faiblesse de l’équipe. Pour couronner le tout, l’équipe est dirigée par Luis Felipe Scolari, un entraîneur expérimenté, secondé par un Carlos Alberto Parreira qui n’est plus à présenter. Rien n’explique le trou noir qu’a traversé le Brésil entre la 23e et la 29e minute. Si les joueurs sur le terrain étaient dépassés, le coach pouvait faire des ajustements. Mais on peut le comprendre : comme nous tous, il n’arrivait pas à réaliser ce qui était en train de se passer. Il n’arrivait pas à comprendre comment ces joueurs, qui ont une expérience certaine, réussissaient à se faire éparpiller aussi facilement par les Allemands.

L’un des évènements les plus marquants de l’histoire du football s’est déroulé sous nos yeux mardi dernier. L’un des séismes les plus puissants de ce jeu s’est produit dans le stade Mineirao de Belo Horizonte. Le match de tous les records. Les Brésiliens n’avaient jusqu’ici jamais avalé ce qui s’est passé lors de la finale de la Coupe du Monde de 1950 au Maracaña de Rio, quand ils ont perdu contre l’Uruguay dans les derniers moments du match. Ils avaleront encore plus difficilement cette cruelle humiliation en prime time planétaire que leur a infligée l’Allemagne.

Un score de 7 buts à 1, en demi-finale, qui n’a pas fini de nous laisser interdits. Et il y a encore à craindre pour le Brésil qui rencontrera en match de classement les Pays-Bas ce samedi soir, dont le jeu se rapproche de celui de l’Allemagne.

 

Réné Jackson Nkowa, Mondoblogueur à Douala

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René Jackson Nkowa
Diplômé de faculté de droit et d'école de commerce, je me passionne pour la communication, le management et l'écriture. Un peu geek sur les bords, j'aborde la vie avec une certaine poésie. Bonne lecture.
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