joseph Mbeng Boum

Cameroun – Croatie, un duel inédit

La sélection camerounaise affronte son destin mercredi soir lors de son deuxième match qui va l’opposer à la Croatie. En cas de défaite, les poulains de Volker Finke seraient éliminés. Il ne leur resterait alors qu’une anecdotique rencontre contre le Brésil, avant de faire leurs valises et de rentrer au pays. (Crédits photo : Fanny Schertze, Wikimedia Commons – Steindy, Wikimedia Commons/Montage : Pierrick de Morel)


Après une défaite douloureuse essuyée vendredi face au Mexique, les coéquipiers de Samuel Eto’o vont livrer mercredi soir à Manaus un match à hauts risques.

Vaincus lors de leur premières rencontres, Camerounais et Croates vont se livrer un duel inédit et bouillant qui renverra directement à la maison un éventuel perdant.

« Rien n’est perdu…«

 

Mais si leur bilan comptable est identique, la situation n’est pas tout à fait la même non plus : les coéquipiers de Modric ont en effet malmené l’hôte brésilien avant de subir la loi de Neymar (1-3), tandis que les poulains de Finke ont déjoué dans les grandes largeurs contre le Mexique, cadrant seulement un tir et s’inclinant finalement 1-0.

« En dépit de la défaite, rien n’est encore perdu. Le deuxième match est crucial, il faut se remobiliser avant » (Volker Finke)

Pourtant, c’est déjà l’état d’urgence chez les Lions indomptables. L’icône Roger Milla a même appelé ouvertement au retour de Claude Le Roy, sélectionneur entre 1985 et 1988. Après les luttes de clans en 2010, c’est le retour de la sempiternelle histoire des primes qui a peut-être perturbé la préparation des Camerounais en amont du tournoi.

Comble de malchance, le capitaine et vedette Samuel Eto’o a annoncé sur les réseaux sociaux, les chaines de télévisions et les radios qu’il serait très probablement forfait, en raison d’une blessure au genou qui l’a perturbé toute la saison. Même si cela pourrait libérer certains partenaires inhibés par le phare camerounais, ce serait surtout un immense coup dur pour l’équipe.

Se retrousser les manches

Achille Webo, malgré son réalisme en sélection – 19 buts en 56 matches – ou Vincent Aboubakar, avec l’insouciance de sa jeunesse, auront du mal à le faire oublier. Pour se relancer et mettre fin à cinq défaites d’affilée en Coupe du monde, les Lions, qui n’ont battu que l’Arabie Saoudite en 13 matches d’un Mondial depuis 1994, vont devoir se retrousser les manches et aligner une équipe moins frileuse.

Le Cameroun dégoûté

Depuis la défaite des Lions indomptables vendredi dernier à Natal, Yaoundé et les autres grandes villes du Cameroun ne veulent même pas entendre parler de la sélection camerounaise : les commerçants sont à bout de souffle et les maillots ne se vendent plus, malgré la baisse des prix. Les supporters préfèrent acheter les tuniques des autres sélections plutôt que celle des Lions.

Pourtant, après le match nul face à la Mannschaft (2-2) lors de la phase préparatoire, la Nation camerounaise s’était ralliée aux ambassadeurs du drapeau tricolore dans cette grande compétition planétaire.

Faiblesse technique, organisation tactique discutable, niveau physique laissant à désirer après la polémique de la grève d’avant-Mondial pour cause de primes non versées… Cela fait beaucoup, pour une équipe qui prétend aller plus loin dans la compétition. Eto’o et consorts devront montrer un tout autre visage face a la Croatie, s’ils ne veulent pas sortir prématurément de la compétition.

Joseph MBENG BOUM, Observateur à Yaoundé, Cameroun


Cameroun : les Lions indomptables, un spectacle désolant

PENSEE DU JOUR | En accueillant la Moldavie à Yaoundé quelques jours avant son entrée en Coupe du monde, le Cameroun pensait se rassurer. Raté : les joueurs ont offert à leurs supporters un piètre spectacle, sur et en dehors du terrain. (Crédit photo : Florian K, Wikimedia Commons)

« Le spectacle était désolant au stade omnisports de Yaoundé dimanche après le match d’au revoir contre la sélection Moldave  qui s’est soldé par un but à zéro. J’ai été témoin, comme les 38.000 spectateurs, d’une scène indigne de joueurs de football.

Tandis que le Premier ministre camerounais attendait les Lions au stade pour leur remettre le drapeau du pays, les co-équipiers de Samuel Eto’o sont restés campés dans les vestiaires, pour une histoire de primes. Finalement c’est  l’entraîneur allemand de cette sélection, Volker Finke, qui prendra le drapeau tricolore pour l’agiter devant les supporters.

Croyez moi, le film des Lions indomptables n’en est qu’à son début… mais c’est à la fin qu’on saura si c’est un succès au box office ou un navet. »

Joseph-Boum

Joseph Mbeng Boum est journaliste à Yaoundé au Cameroun. Malgré le départ folklorique des Lions indomptables, il croit dur comme fer que son équipe peut se hisser dans le dernier carré.