Pierre Dujol

Quel bilan pour les Bleus après le Mondial brésilien ?

En atteignant les quarts de finale d’une Coupe du monde pour la première fois depuis 2006, la France a rempli son pari humain et sportif et redonné des couleurs au maillot tricolore. Didier Deschamps aura été le principal instigateur du nouvel élan bleu, portée par une jeunesse prometteuse. Quel bilan faut-il tirer après le Mondial au Brésil  ? Quelles perspectives alors que se profile l’Euro 2016 en France ? Eléments de réponse.

Oui, la page de Knysna est définitivement tournée. Les nuages encombrants et la morosité ambiante qui  pesaient encore sous l’air Laurent Blanc avec parcimonie ont laissé place à un rayon de soleil que l’on souhaite durable pour les Bleus en attendant l’Euro 2016 dans l’hexagone.

L’engouement né du match retour face à l’Ukraine (3-0) le 19 novembre dernier au Stade de France a donc trouvé un prolongement au Brésil,  à proximité des plages de Copacabana, où les Bleus pourront se féliciter d’avoir accompli avec brio leur objectif.

Même si ces derniers rêvaient tout bas d’une demi-finale contre le Brésil et d’une fin légèrement moins frustrante. Mais l’expérience allemande a eu raison de la jeunesse française…

Objectif sportif atteint par les Bleus

L’objectif minimum fixé par le Président de la FFF, à savoir une qualification pour les huitièmes de finale du Mondial, a été atteint  par les joueurs. Après la débâcle de 2010, un Euro 2012 en demi-teinte, et une qualification arrachée aux forceps face à l’Ukraine en match de barrages, l’objectif semblait à la mesure d’une équipe de France en pleine construction. Ne faisons donc pas la fine bouche. On aurait tous signé pour un quart de finale avant le début de la compétition.

Mais voilà, cette équipe France version Didier Deschamps nous a agréablement surprise, notamment lors de sa préparation avant Mondial. Les succès face à la Norvège (4-0), puis la Jamaïque (8-0) ont trouvé un formidable écho lors deux premiers matchs de poules face au Honduras (3-0), puis face à la Nati (5-2), balayée en à peine 45 minutes par une équipe de France que l’on avait rarement vue aussi efficace.

« Nous avons atteint le niveau souhaité en passant les huitièmes de finale. De là à dire que l’on pouvait gagner la Coupe du monde, non. Mais on s’est rapprochés des meilleurs » (Noël Le Graët)

Après un nul face l’Equateur (0-0), alors que le sélectionneur avait décidé de faire souffler quelques cadres, les coéquipiers d’Hugo Lloris auront passé l’obstacle du Nigéria (2-0) avant de voir l’aventure se terminer en quart face la Nationalmannschaft (1-0).  La marche semblait abordable, mais les Allemands ont rappelé aux Français combien l’expérience et l’efficacité étaient deux éléments primordiaux pour franchir un nouveau cap.

Un état d’esprit (presque) parfait

L’aventure humaine des 23 bleus sélectionnés par Didier Deschamps est certainement le meilleur élément de réponse apportée à l’attente du public. Du 19 mai au 4 juillet, la cohésion de groupe affichée par les joueurs a sûrement contribué a ravivé un soutien populaire que l’on n’avait plus senti depuis des lustres. En témoigne le retour de l’équipe de France à l’aéroport du Bourget, où des centaines de supporters déchainés s’étaient rendus en masse. On appelle ça un retour gagnant.

« Je suis très fier de ce qu’ont fait les joueurs sur le terrain et en dehors. Il y a du travail mais il y a des prédispositions. Il faudra maintenir cet état d’esprit et cette qualité pour l’avenir » (Didier Deschamps)

Durant la compétition, les titulaires, les remplaçants de premiers choix et les coiffeurs auront tous tenus leur rôle et montré l’exemple à suivre. Olivier Giroud, sur le banc lors du premier match face au Honduras, n’a certes pas caché sa déception mais s’est vite résigné à mettre ses états d’âmes de côté pour ne pas déstabiliser la vie du groupe. Le Gunner ne partira certainement jamais en vacances avec Karim Benzema, leur entente a régulièrement été mise en question par les médias, mais les deux intéressés n’en sont jamais venus aux mains. C’est déjà ça !

D’autres comme Schneiderlin, Cabela, Mavuba, Mangala ou Rémy auront peu ou pas du tout joué mais parfaitement répondu aux attentes de Didier Deschamps. C’est déjà une grande victoire en soit.

« Il faut souligner le bon travail de Didier Deschamps. Les joueurs ont été à son écoute totale. Durant un mois, je n’ai pas vu ni entendu un mouvement d’humeur. Le lien avec le public est renoué. C’est beaucoup plus simple de travailler dans des bonnes conditions » (Noel le Graët)

Bilan tactique des Bleus

  1. Bilan offensif

En l’espace d’un mois et une dizaine de rencontres toutes compétitions confondues, le visage des Tricolores s’est métamorphosé. Le constat né en amical contre les Pays-Bas (2-0) en mars s’est confirmé au cours de la préparation et a été validé contre la Suisse (5-2) au Brésil : les Bleus sont bien plus à l’aise en attaques rapides. Ils n’étaient pas les seuls, dans ce Mondial. Positionnés dans un 4-3-3, les coéquipiers de Karim Benzema ont rapidement pris leur marque et mené à bien leur tactique de contre-attaque, en alliant finesse technique et efficacité devant le but. Résultat : 35 buts marqués lors des dix dernières rencontres.

Le sélectionneur avait à sa disposition des profils adéquats. Karim Benzema, l’attaquant du Real Madrid, a été plutôt brillant par l’intelligence de ses déplacements et sa qualité technique, même si on pourra toujours lui reprocher une certaine nonchalance dans le repli défensif. Autour de lui, Antoine Griezmann et Loïc Rémy sont des joueurs de profondeur et Olivier Giroud, dans un autre profil, a constitué un pivot polyvalent et mobile, capable de briller en offrant par exemple le troisième but à Mathieu Valbuena contre la Suisse.

A l’inverse, l’équipe de France a peiné à mettre du rythme sur ses attaques placées, notamment en première mi-temps face au Honduras (3-0), jusqu’à l’expulsion de Wilson Palacios, et contre l’Equateur (0-0), avec un effectif légèrement remanié ainsi que devant le Nigeria (2-0) et l’Allemagne (0-1), même si elles furent plus rares. Quand Mathieu Valbuena n’est pas parvenu à offrir de solutions entre les lignes adverses, les Bleus n’ont pas su enchaîner vers l’avant, d’autant plus lorsque Yohan Cabaye était neutralisé.

2.  Bilan défensif

Au milieu de terrain, le triangle composé de Matuidi, Pogba et Cabaye en sentinelle, a largement compensé le manque de repli défensif des attaquants dans les couloirs mais il aura manqué d’impact physique sur certains matches. Sur le côté gauche, le Parisien a régulièrement rempli son rôle de relayeur et apporté des solutions offensives à Mathieu Valbuena. Paul Pogba, étoile montante du football français rassure par sa sérénité à seulement 21 ans. Sa justesse technique, sa qualité de passe et sa puissance physique ont été précieuses au milieu et dans l’entrejeu mais le jeune turinois, émoussé face au Nigéria, a montré ses limites.

En défense centrale, la paire Sakho-Varane, ou Varane-Koscielny a montré des garanties pour l’avenir. Face au Honduras, l’Equateur et le Nigéria, la défense française a rassuré par sa solidité et sa complémentarité, Hugo Lloris préservant sa cage inviolée durant trois rencontres. Dans le jeu, les Bleus n’auront encaissé qu’un seul but face à la Suisse, le but face à l’Allemagne étant intervenue à la suite d’un coup de pied arrêté. Il ne devrait donc pas y avoir de bouleversements majeurs dans un secteur qui compte de jeunes talents comme Debuchy,  Lucas Digne et Mangala. La relève est déjà prête.

Et maintenant ?

Qualifiée d’office en tant que pays organisateur de l’Euro 2016, la France a désormais deux années pour peaufiner ses réglages alors que le groupe devrait très peu évoluer. En effet, Didier Deschamps semble avoir trouvé une ossature sur laquelle il compte bien s’appuyer prochainement. Une trentaine de joueurs dont les réservistes du Mondial devraient rester dans le paysage des Bleus, comme les Lyonnais Clément Grenier, Lacazette, et Gonalons, les Stéphanois Trémoulinas et Perrin. Tout dépendra bien évidement de leur niveau de jeu et leur performances en clubs alors que la Ligue 1 reprendra ses droits début août. Quid de Franck Ribéry ? A son meilleur niveau, la France ne pourra se passer de l’attaquant du Bayern, leader technique de cette équipe. Mais son retour modifierait sensiblement l’équilibre trouvé par DD.

D’autres interrogations demeurent. Si Mickaël Landreau est officiellement retraité, le latéral gauche Patrice Evra souhaitera-il poursuivre sa carrière international ? Didier Deschamps pourra-t-il compter sur lui alors qu’il aura 35 ans à l’Euro ? Derrière, la relève frappe à la porte à l’image du Parisien Lucas Digne et les solutions ne manqueront pas.  Pour le reste, les autres joueurs dont Sagna, 31 ans et Mavuba, 30 ans, devraient rester dans l’esprit de Didier Deschamps. On aura des éléments de réponse dès la rentrée alors que le prochain rendez-vous est fixé le 4 septembre 2014 au Stade de France face à l’Espagne, première d’une longue série de matchs amicaux. Le début d’une nouvelle aventure ? On a déjà hâte de voir cela.

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France : Il faut « tuer Battiston »

VIDEO | Gagner Face à l’Allemagne vendredi au Maracana de Rio de Janeiro, c’est l’occasion pour les Bleus de tourner définitivement la page du double épisode de Séville (1982) et mexicain (1986). Et de rentrer un peu plus dans l’histoire. (Photo : le stade Ramón Sánchez Pizjuán, théâtre du fameux France-RFA de 1982, Frobles/Wikimedia Commons)

Evoquer le quart de finale de la Coupe du monde au Brésil entre la France et l’Allemagne, qui se déroulera vendredi 4 juillet 2014 sur la pelouse du mythique stade du Maracana, c’est avant tout se replonger 32 ans en arrière. Plus précisément le 8 juillet 1982, à Séville.

Une dramaturgie à couper le souffle

Cette première demi-finale de Coupe du monde entre les Bleus et la RFA, le 8 juillet 1982, restera comme un des souvenirs les plus marquants de l’histoire du football français. Et surtout le plus cruel pour les joueurs de Michel Hidalgo.

 

Une dramaturgie d’une intensité incroyable qui verra la France s’incliner aux tirs au but après avoir pourtant mené 3-1 durant la prolongation. Ce France – RFA, c’est également la 57e minute et cet attentat du gardien Schumacher sur Batiston, entré en jeu à la place de Genghini et percuté de plein fouet. Résultat : commotion cérébrale, cervicale fracturée et dents cassées d’un côté. Rien de l’autre. Juste un scandale ! La suite, c’est l’image de Bossis accroupi, après avoir loupé son tir au but et des joueurs inconsolables dans le vestiaire. Et pourtant, l’histoire se répètera quatre ans plus tard.

1986, Guadalajara : le remake de Séville

Moins d’intensité, moins d’ambiance et peu d’émotions. Mais le même résultat. Après avoir été champions d’Europe en 1984, la génération Platini force le respect en battant l’Italie (2-0) puis le Brésil, grandissime favori (1-1, 4-3 tab dans ce qui est considéré encore aujourd’hui par beaucoup de spécialistes comme le plus beau match de l’histoire de la Coupe du monde) avant de s’incliner 2 buts à 0 face aux Allemands.

Michel Platini, diminué depuis le début de l’épreuve par une blessure au genou, termine épuisé et à genoux. C’est l’image marquante de ce nouvel épilogue pour une équipe de France pas vernie.

2014 : l’histoire à déjà basculé

Ressasser les mésaventures des Bleus face à l’ex-RFA montre à quel point ces souvenirs ont marqué plusieurs générations. Cela montre surtout qu’il est désormais temps de tourner la page et de passer à autre chose. 2014 n’est pas 1984, ni 86, le stade du Maracana n’est pas celui de Séville, ni Guadalajara. Et la génération n’est plus la même depuis bien longtemps. Des deux côtés d’ailleurs. Entre temps la France s’est offerte la Coupe du monde 98 et l’Euro 2000 ainsi que la finale du Mondial 2006… en Allemagne.

Pour finir de tordre le cou à un vieil adage, non au football, ce n’est plus l’Allemagne qui gagne à la fin. Et à vrai dire, cela commence à faire long pour cette Mannschaft au jeu séduisant, certes… mais de moins en moins gagnant. Sevré de titre mondial depuis 1990, la Team de Joachim Löw à été finaliste lors de l’édition 2002 et double « troisième en titre » (2006 et 2010). L’Allemagne est toujours bien placée. Mais plus vraiment au sommet.

Les Allemands restent favoris mais…

Ce quart de finale entre deux équipes qui ont toutes les deux clamées leur intention d’aller au bout en conférence de presse s’annonce ouvert et passionnant. Les Bleus ont d’ores et déjà remplis leur objectif et la route qui pourrait les conduire à une éventuelle en finale le 13 juillet prochain n’est que du bonus. Une éventuelle demi verrait les Tricolores entrer dans une nouvelle dimension, celle d’un favori pour l’Euro 2016 à domicile.

Favori naturel par leur passé récent, les Allemands s’avancent avec beaucoup moins de certitudes vers ce grand rendez-vous après avoir longtemps souffert face aux Fennecs en huitièmes de finale (2-1 a.p). Moins insouciante qu’en 2010, la sélection de Joachim Löw à sciemment orienté son jeu vers la possession mais a toujours plus de talents offensifs que défensifs. Au milieu, Lahm, que beaucoup d’observateurs souhaiteraient voir revenir dans le couloir droit, fait office de régulateur. À ses côtés Bastien Schweinsteigner et Khedira n’hésitent pas à se projeter vers l’avant. Surtout, l’Allemagne est portée par l’efficacité de Thomas Müller, positionné en faux 9 mais dont le sens du déplacement et les appels entre les lignes gênent profondément les défenses adverses. Sans oublier Manuel Neuer, un des meilleurs gardiens au monde actuellement.

Le point faible sur lequel les Français devront appuyer est sûrement la défense, composée de quatre défenseurs centraux et qui n’a pas toujours donné des garanties face au Ghana et à l’Algérie. Souvent prise de vitesse, cette défense semble payer l’absence de latéraux de métiers. La vitesse de Griezmann combinée à l’apport offensif de Debuchy et Evra pourrait bien être décisive.

… les Bleus ont leur chances

Pour prendre le meilleur sur cette Nationalmannschaft les Bleus doivent débuter le match comme face à la Suisse (5-2), effectuer un pressing haut et gêner la relance de Lahm et Bastian Schweinsteiger, principale rampe de lancement. L’équipe de Didier Deschamps ne devrait pas avoir la possession du ballon mais peut compter sur une méthode qui a plutôt bien marché jusque-là, à savoir la contre attaque. Avec 10 buts inscrits depuis le début du tournoi, l’efficacité des Bleus s’est avérée redoutable, face à la Nati mais surtout face au Nigeria (2-0).

Si le jeu déployé par les Français face aux Super Eagles n’a pas été très séduisant, Didier Deschamps ne changera pas la configuration tactique vendredi prochain. Le 4-3-3 colle parfaitement à cette équipe qui n’a pris que deux buts depuis le début de la compétition. Au milieu, le travail de récupération de Matuidi et les compas de Paul Pogba sont des atouts précieux. Ajoutez à cela une sentinelle comme Cabaye et sa justesse technique, vous obtenez un trio impérial. Du côté offensif, la France compte un atout de taille en la personne de Valbuena, le joueur par lequel la lumière peut jaillir. Dribbles courts, percussion, qualité de passe, coup de pieds arrêtés, le Marseillais dispose d’une large palette technique. Il est devenue la clé du système Deschamps.

Aû delà de ces éléments, les projecteurs seront portés sur le madrilène Karim Benzema. Après un Euro 2012 décevant, il a bousculé de nouvelles barrières. Vainqueur de la Ligue des Champions 2014 avec le Real (la Decima), l’ex-Lyonnais traverse sûrement la meilleure passe de sa carrière. Au Brésil, il en est déjà à trois buts et deux passes décisives (sans oublier le but csc du gardien hondurien qui lui revient à moitié et celui non validé face à la Suisse alors que l’arbitre venait de siffler la fin de la rencontre). Au total, Benzema est impliqué directement sur 6 des 10 buts des Bleus et n’espère pas s’arrêter là. En inscrivant pour la première fois un but en match à élimination direct lors d’un Mondial, il pourrait aider la France à franchir un nouveau cap. Une demi-finale face au Brésil ?

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FRANCE : Cinq bonnes raisons de se méfier du Nigéria

En s’offrant la première place de son groupe, la France a gagné le droit d’affronter un adversaire à priori à sa portée en huitièmes de finale du Mondial, lundi à Brasilia. Mais les « Super Eagles », défaits de justesse par l’Argentine (3-2),  possèdent des atouts de taille pour déstabiliser le onze tricolore. Etat des lieux.

L’équipe de France disputera son premier huitième de finale de la Coupe du monde depuis 2006 face au Nigéria, deuxième de son groupe. En terminant premier de leur groupe, Les coéquipiers d’Hugo Lloris ont certes évité un périlleux face à face avec l’Argentine de Léo Messi, au grand dam de notre journaliste Alexandre Capron, mais devront passer l’obstacle des Super Eagles.

Champions en titre de la dernière CAN 2013 et seule équipe africaine qualifiée pour les huitièmes avec l’Algérie, les joueurs entrainés par Stephen Keshi disposent des éléments nécessaires pour créer la surprise face à une équipe de France favorite. On vous donne cinq bonnes raisons de ne pas prendre cette équipe à la légère.

1. Les « Super Eagles » montent en puissance

Absent du Mondial 2006, le Nigeria a chuté au premier tour des éditions 2002 et 2010 sans remporter le moindre match. Deuxièmes du groupe F, juste derrière l’Argentine, les coéquipiers de Joseph Yobo ont été tenus en échec par l’Iran (0-0) lors d’un premier match sans réelles intentions offensives. Avant de s’imposer face à la Bosnie sur la plus courte des marges grâce à un but d’Odemwingie.  Et bénéficiant au passage de la générosité de l’arbitrage (un but valable refusé aux Bosniens).

Paradoxalement, lors de la défaite face à l’Argentine, les Super Eagles ont montré un visage plus séduisant. Bien en place défensivement, les Nigérians ont surtout procédés en contres pour prendre de vitesse l’Albiceste. Par deux fois, le jeune attaquant Musa avait répondu au doublé de Lionel Messi. Bilan : 1 victoire, 1 nul, 1 défaite. Pas flamboyant, certes, mais pourtant…

2. Un mur infranchissable nommé Enyeama

Si le Nigéria s’est qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, il le doit en grande partie à son gardien, Vincent Enyeama. Le joueur du LOSC (93 sélections),  auteur d’une superbe saison avec son club, s’est notamment distingué en restant invaincu durant 1061 minutes en Ligue 1, échouant à 115 minutes du record de Gaëtan Huard.

Le gardien des Super Eagles a encore impressionné lors de la phase de poules, décourageant à tour de rôle Dzeko et et Pianic face à la Bosnie, Higuain et Di Maria face à l’Argentine. Agile sur sa ligne, à l’aise dans les sorties aériennes, Enyema sera un rempart redoutable pour l’attaque tricolore. Mais avec une efficacité retrouvée et une moyenne de 3,5 buts lors des dix derniers matchs des Bleus, le gardien du LOSC aura surement l’occasion de se mettre en valeur.

3. Une défense taille XL

En souffrance face à l’Equateur, les attaquants Bleus doivent de nouveau s’attendre à un combat physique face à une défense qui ne manque pas d’atouts. Et de hauteur. Ambrose, 1m90, Yobo, 1m85, Omuero, 1m84, Oshaniwa, 1m84. Pour être à la « hauteur » du défi physique qui attend les tricolores, Deschamps pourrait d’ailleurs à nouveau compter sur la puissance d’Olivier Giroud, auteur d’une bonne rentrée face à l’Equateur.

Lors des dix derniers matchs toutes compétitions confondues, le Nigéria a encaissé 10 buts soit une moyenne d’un but par rencontre. Joseph Yobo, 33 ans, évoluant à Norwich et capitaine des Super Eagles est le patron naturel de la défense et fêtera sa 98e sélection face à la France.

4. Obi Mikel, le chef d’orchestre

Deuxième élément indispensable qui forme la colonne vertébrale de cette équipe,  Obi Mikel. Après huit saisons sous le maillot des Blues, le milieu de terrain de Chelsea  s’est forgé une forte notoriété en Première League. Véritable sentinelle devant la défense, John Obi Mikel n’hésite pas à faire parler sa puissance physique dans les duels.  Ratisseur de ballon par excellence, le numéro 10 sait également se muer en formidable relanceur grâce à sa qualité de passes (82 % de passes réussies depuis le début du tournoi).  Plaque tournante du dispositif de Stephan Keshi,  le joueur âgé de 27 ans a semblé manquer de rythme lors des deux premiers matches avant de monter en puissance face à l’Argentine. Et face à la France  ?

5. Un trio d’attaque à surveiller

Odemwingie,Musa, Emeniké. Dans un schéma tactique en 4-2-3-1, le premier évolue en soutien du troisième, Musa occupant le couloir droit ou gauche. Ancienne connaissance de la Ligue 1 (au LOSC de 2004 à 2007), Peter Odemwingie a été décisif face à la Bosnie, inscrivant le seul but de la rencontre et permettant au Nigéria de se qualifier pour les huitièmes. Il fallait remonter à août 2010 pour trouver trace du dernier but de l’attaquant de Stoke City en sélection (11 buts).

Dans un autre registre, Emmanuel Emenike est « Le » buteur du Nigéria. Auteur d’une remarquable saison avec le club turc de Fenerbahçe (28 matchs, 12 buts), souvent buteur, altruiste par ses passes décisives, l’attaquant nigérian figure parmi les meilleurs joueurs de la Süper Lig. En sélection aussi, il est un joueur important. Le numéro 9 a marqué les deux buts de la victoire du Nigeria lors du troisième tour aller des éliminatoires en Ethiopie (2-1). Il avait aussi grandement participé à la victoire de son pays lors de la CAN 2013 en marquant quatre fois en cinq matches.

Enfin, la bonne surprise s’appelle Ahmed Mussa. Capable d’évoluer côté gauche comme contre la Bosnie ou sur la flanc droit contre l’Argentine, le petit (1m70) milieu de terrain des Aigles est un joueur qui aime provoquer balle au pied. Le joueur du CSK Moskou a démontré l’étendue de son talent face à l’Albiceste, en inscrivant un doublé. Sa petite taille et sa justesse technique lui permettent de jouer dans les petits espaces. A sa décharge, seulement 28,8 % de duels gagnés lors des trois matchs de poule. Debuchy devrait s’occuper de son cas.

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon


France : Quel rôle pour les « coiffeurs » tricolores ?

L’Equipe de France s’apprête à disputer son dernier match de poule face l’Equateur mercredi 25 juin  à Rio de Janeiro. Didier Deschamps devrait légèrement remanier son onze de départ et ainsi faire de la place aux habituels « coiffeurs ». Une gestion des 23 qui s’avère primordiale pour maintenir la cohésion du groupe. (Bacary Sagna fait partie de ces « coiffeurs » qui auront à coeur de se montrer/Crédit photo : Ronnie Macdonald, Wikimedia Commons)

Ne pas éclater un collectif en mettant les états d’âmes individuels de côté tout en laissant les « coiffeurs » concernés durant toute la compétition. Là est la principale équation que Didier Deschamps devra résoudre pour maintenir les 23 joueurs sous pression durant la Coupe du monde.

L’histoire nous a démontré que si ce n’est pas toujours la meilleure équipe sur le papier qui va au bout de la compétition, un élément semble indispensable à sa réussite. La cohésion d’un groupe de 23 joueurs durant une aventure hors du commun qui a débuté le 19 mai dernier pour les Bleus, date du premier rassemblement collectif à Clairefontaine, est indispensable.

Deschamps a trouvé la recette

Partagé entre la volonté d’entretenir une dynamique sportive et une dynamique de groupe, Didier Deschamps devrait largement remanier son onze de départ face à l’Equateur, avant une probable qualification pour les huitièmes de finale. Pour le sélectionneur de l’équipe de France, la gestion des « coiffeurs » est primordiale. DD a jusqu’à maintenant su fédérer un groupe et laisser les 23 joueurs sous pression, même si un noyau dur de 14 titulaires s’est dégagé après la victoire face à la l’Ukraine (3-0), le 19 novembre dernier.

Proche des joueurs, Didier Deschamps est un formidable communiquant interne. Lors de l’annonce des 27 établie le 13 mai dernier, l’ancien capitaine des Bleus version 98 a tenu a clarifier les choses en sélectionnant 23 joueurs dont 7 réservistes. Lors des matchs de préparation, il ne s’est pas gêné pour faire tourner l’effectif, offrant du temps de jeu à Lucas Digne (20 ans), Rio Mavuba, Loïc Rémy et le jeune montpelliérain Rémy Cabella face à la Norvège (4-0). Sans oublier la rencontre face à la Jamaïque (8-0) qui a permi a Morgan Schneiderlin de fêter sa première sélection sous le maillot bleu.

Vous avez dit coiffeurs ?

En regardant nos 23 joueurs français et les clubs dans lesquels ils évoluent actuellement, je préfèrerais parler de remplaçants de luxe plutôt que des coiffeurs, expression utilisée pour la première fois en Suède lors de la Coupe du monde 1958. Si on enlève le noyau dur de 14 joueurs sur lequel DD compte principalement s’appuyer, il reste les joueurs suivants :

Mickael Landreau (Bastia, 35 ans, 11 sélections, 0 but), Stéphane Ruffier (Saint-Etienne, 27/2/0), Bakary Sagna (Arsenal, 31/41/0), Eliaquim Mangala (Porto, 23/3/0), Rio Mavuba (Lille, 30/13/0), Rémy Cabella (Montpellier, 24/1/0), Loïc Rémy (Newcastle, 27/25/5), Lucas Digne (PSG, 20/2/0) et Morgan  Schneiderlin (Southampton, 24/1/0). Pas mal pour des coiffeurs non ?

Existe-il réellement des places à prendre ?

Dans l’équipe de départ, sans doute pas. A deux ou trois joueurs près (Griezmann, Kosclielny et Sissoko), Didier Deschamps a déjà une idée du onze qu’il alignera face à son futur adversaire lors du très probable huitième de finale, à moins d’un incroyable concours de circonstances. Mais on ne préfère pas y penser. L’objectif pour les habituels remplaçants et surtout de se glisser comme un recours de premier choix dans l’esprit de Didier Deschamps en cas de pépin physique, plutôt qu’un joueur de bout de banc.

Face à l’Équateur, même si une victoire ne risquerait pas de chambouler les choix du sélectionneur en vue du prochain match, certains jeunes ont une belle carte à jouer. Il s’agira surtout d’entretenir une dynamique sportive et une cohésion au sein du groupe. Ainsi, c’est une équipe à seulement 273 sélections qui devrait se présenter sur la pelouse du Maracaña de Rio de Janeiro.

Shchneiderlin, la surprise du chef ?

Lucas Digne de confiance ? Le jeune parisien, âgé de seulement 20 ans, devrait occuper le flanc gauche de la défense, dont la charnière centrale associera Laurent Kosclielny et Mamadou Sakho. Déjà entré en cours de jeu face aux Pays-Bas et la Norvège en amical, il devrait cette fois-ci disputer une rencontre internationale dans sa globalité. La plus grande surprise devrait venir de Morgan Schneiderlin, qui devrait occuper le poste de sentinelle juste devant l’axe central au grand dam de Rio Mavuba. Le joueur formé à Strasbourg devrait fêter sa première titularisation  en équipe de France sur la pelouse du Maracaña, en phase finale d’une Coupe du monde. Difficile de faire mieux.

Habitué à rentrer en cours de match, Loïc Rémy bénéficie des faveurs de Didier Deschamps pour évoluer côté droit, où sa vitesse de pointe est précieuse pour les Bleus.  Le joueur de Newcastle devrait bénéficier du repos de Valbuena pour entrer en cours de jeu face à l’Equateur. Au final, sans d’éventuels pépins physique, quatre joueurs seulement risqueraient de ne pas goûter au plaisir d’un match de Coupe du monde ou alors se contenter de quelques minutes. Les deux gardiens, Stéphane Ruffier et Mickaël Landrau, Eliaquim Mangala et Rémy Cabella.

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon


« Une équipe de France pas assez française », vous rigolez j’espère ?

COUP DE GUEULE | L’équipe de France a brillamment battue la Suisse vendredi soir (5-2) à Salvador de Bahia. Si les Bleus ont pu compter sur une grande ferveur populaire, j’ai une nouvelle fois la sensation qu’en 2014 certaines personnes – une minorité Dieu merci – ne considèrent toujours pas les gens de couleurs comme des Français à part entière. Récit d’anecdotes vécues pendant France-Suisse à Lyon par Pierre Dujol. / L’équipe de France 98, symbole du Black Blanc Beur, photo wikimedia

Y-a t-il réellement une solution pour résoudre cette équation ou un remède pour soigner certaines personnes, victimes du syndrome du  Français 100 % souche ? C’est la question qui m’est naturellement venue à l’esprit après une légère discussion avec une supportrice de l’équipe de France. Pardon, je devrais plutôt dire une supportrice des Français blancs. Je vous explique.

Apres une première mi-temps de rêve – la France menait 3-0 grâce à des buts de Giroud, Matutidi et le lutin marseillais Valbuena – et une euphorie totale chez les supporters présents au King Arthur à Lyon, je décidais de prendre un peu de recul et de suivre la deuxième période dans un restaurant ou l’atmosphère était légèrement plus respirable.

A mes côtes se trouvaient quatre demoiselles, plus occupées à parler de leurs relations sentimentales qu’à suivre le match des Bleus, sauf lors des moments forts. Jusqu’ici, tout va bien…

« Benzema ne chante pas la Marseillaise ». Et alors ??

À ma surprise générale, le quatrième but de Karim Benzegoal (3 buts et déjà une passe décisive dans ce Mondial ) déclencha une réaction plutôt surprenante d’une des quatre jeune femme. Je me permis alors de lui poser la question : « 4-0 ! c’est incroyable, vous n’aimez pas Benzema ? »  La réponse fut pour le moins cinglante de sa part :

« Il peut prendre ses jambes, ses affaires et rentrer chez lui, je n’aime pas du tout ce joueur ».

Cette demoiselle avait au moins la franchise d’être honnête. Quelle en était la raison principale ? « Benzema ne chante pas La Marseillaise, on ne dirait pas qu’il aime la France, comme d’autres joueurs d’ailleurs. Regardez, l’Allemagne ou les équipes d’Amériques Latines ont plus l’amour du maillot. »

Certes, lorsque qu’on voit le Chili chanter l’hymne national en cœur avec 50.000 socios dans le stade mythique du Maracaña à Rio de Janeiro face à l’Espagne (2-0), on se dit que la France a encore de la marge avant de faire aussi bien. Mais là n’est pas le débat. Certes, je suis pour que tous les joueurs chantent La Marseillaise, un hymne qui me donne la chair de poule à chaque fois qu’elle est entonnée avant une rencontre. Deux minutes intenses qui soudent un groupe et lui donnent la rage de vaincre avant d’aller au combat, dans le sens noble du terme bien entendu. Mais doit-on pour autant penser qu’un joueur qui préfère se taire n’accorde pas d’importance à son maillot et ne respecte pas sa nation ? Je réponds absolument non. Ce sujet est un faux débat.

En voyant les performances de Benzema et de toute la bande à Deschamps vendredi, comment penser une seconde que ses joueurs ne mouillent pas le maillot et ne représentent pas la France.

Le métissage, l’ADN de la France

Cette équipe ne représente peut-être pas Sa France à elle, c’est différent. Juste un exemple. Un dénommé Zinedine Zidane, notre Zizou national, n’a jamais chanté l’hymne français si mes souvenirs sont bons ? Peut-on lui enlever son amour pour le drapeau bleu, dont il a planté l’étendard sur le toit du monde le 12 juillet 1998  grâce un doublé de la tête ? On lui demandait simplement de faire vibrer les Français grâce à ses gestes techniques made in Brazil, ses coups de génie venus d’ailleurs, son sens du but et sa grande classe. D’ailleurs il n’avait pas besoin qu’on lui demande, il le faisait très bien seul tel un métronome, un chef d’orchestre.

Le vrai débat est que cette France métissée dérange certains. C’est con pour eux, celà fait partie de l’ADN de notre pays, qui s’est construit et enrichit grâce à sa diversité. Et cela ne changera jamais ! À moins que l’on revienne un jour à une forme d’apartheid avec trois équipes de France. Black, blanc, beur ! Remarque, cela pourrait donner des belles oppositions. Et trois fois plus de chance à la France de gagner une Coupe du monde !

Je déconne bien entendu. Blague à part. Le football, sport le plus populaire, permet à de nombreux jeunes issus de tous les milieux, souvent les plus modestes,  de réaliser leur rêve de devenir footballeur, quelque que soient leurs origines.  Le sport est rassembleur, il permet dès le plus jeune âge d’effacer ces barrières de différences en mélangeant les gamins en fonction de leur âge et leur niveau. Mais jamais en fonction de leurs origines.

Savoir vivre ensemble

Il ne suffit pas de s´attarder seulement sur cette déclaration faite par cette supportrice aussi nulle que l’équipe de Suisse vendredi. (Je préfère dire que ce sont surtout les Français qui étaient trop puissants). Le racisme est un fléau qui frappe la planète entière dans les milieux professionnels,  les institutions, les gouvernements et le sport.

Au sein des  stades de football, des mesures ont été prises et l’Angleterre s’en est très bien sortie. Mais des exemples récents nous montrent que le combat est loin d’être gagné, et notemment dans ma ville. En février 2013, des membres d’un groupuscule extrémiste à Lyon ont attaqué un bar dans lequel se trouvaient 150 supporters de Tottenham,  lors du 16e de finale aller de la Ligue Europa. 

Le respect d’autrui commence par le respect de soi-même et on ne pourra jamais contrôler la façon de penser de chaque individu. Je remarque une chose, le métissage en équipe de France et dans le sport en général, a toujours plus rassemblé que divisé. Le savoir vivre, c’est avant tout le savoir vivre ensemble, dans un monde où l’individualisme est un phénomène grandissant. Je suis fier de notre équipe de France et de ses différents horizons qu’elle représente. Et persuadé qu’elle nous reserve une belle surprise lors de ce Mondial.

Pierre DUJOL, Observateur de France 24 à Lyon


VIDEO : de Lyon à Paris, les Bleus à la folie

VIDEO | La France a surclassé la Suisse (5-2) lors de son deuxième match de poule à l’Arena Fonte Nova de Salvador. De Lyon à Paris, des scènes de liesse digne de la finale du Mondial 98 ont envahi les pubs. Une euphorie totale à laquelle nous avons assisté en direct. Récit d’une soirée de rêve pour les supporteurs français.

Vendredi 20 juin 2012. Vainqueur de son premier match face au Honduras (3-0), les Bleus se préparent à passer un véritable test face à la Suisse, un match décisif pour la qualification en huitième de finale du Mondial Brésilien.  A cette occasion, une cinquantaine de supporteurs tricolores s’étaient donnés rendez-vous au pub « Le King Arthur », 10 rue de la monnaie à Lyon 2e.  A Paris, c’est dans un bar basque du 2ème arrondissement, le Pakito, que nous étions présents. Retour sur les moments clés de cette rencontre.

 

20h50. Les supporters sont déjà prêts

Lyon : Maquillage sur le visage, drapeaux bleu blanc rouge, sans oublier les chopes de bière, les supporters sont déjà prêts à en découdre avec les Suisses. Un parfum de demi-finale de Coupe du monde flotte dans l’air. En cœur, les Français entonnent une vibrante marseillaise au King Arthur. La fête peut commencer.

Paris : Grosse ambiance aussi à Paris, mais beaucoup craignent un énième match nul contre la Suisse, la bête noire de la France. Les déguisements sont timides, mais le public est présent, débout, serré, et prêt à supporter les Bleus.

21h18. 17e, but de Giroud, le King Arthur explose.

Lyon : Il faut attendre seulement 17 minutes de jeu pour voir Giroud inscrire le premier but  des Bleus ! Les supporteurs sont euphoriques. Entre cris de joie, bousculades, et quelques jets de bière par la même occasion (j’en aurais pris pour mon grade), le match débute de la meilleure façon. A peine le temps de reprendre son souffle qu’une contre attaque menée par Benzema et conclut par Matuidi (2-0) fait à nouveau chavirer les supporters français. C’est magique !

Paris : Deux minutes de folie, il n’en fallait pas plus pour ressortir les vuvuzelas et redonner le sourire à tout un peuple. Les Parisiens sont aux anges et chantent les louanges de Matuidi et Giroud.

21h40. 40e. Valbuena marque. Et 1, et 2, et 3-0 !

Lyon : En pleine euphorie, les supporteurs tricolores entament le champ « Et 1, et 2, et 3-0 » après le troisième but inscrit par Valbuena à la suite d’un contre éclair des Bleus. Un parfum de Mondial 98 flotte dans l’air. Depuis 2006, je n’avais jamais senti autant de ferveur autour cette équipe. Les Tricolores ont véritablement réussi leur objectif reconquête et soigné leur image auprès du public. C’est le début d’une belle aventure.

Paris : A 3-0, même les supporteurs du PSG se mettent à scander le nom de Mathieu Valbuena, joueur de l’ennemi juré l’Olympique de Marseille.

22h28. La Marseillaise pour fêter le 5e but des Bleus

Lyon : Moussa Sissoko, auteur d’une grosse prestation, conclue du plat du pied droit le festival offensif des Bleus (5-0, 73e). La réduction du score par les Suisses n’empêchent pas les supporters d’entonner La Marseillaise. J’en ai des frissons. J’ai l’impression que les Bleus sont qualifiés pour la Finale. Je me mets également à rêver d’un formidable parcours avant de reprendre mes esprits. C’est un match de poule, il ne faut pas s’emballer. Mais l’effervescence qui entoure ce match est à la hauteur des déceptions vécues ces dernières années. Que c’est bon de savourer. Les supporters avaient besoin de se lâcher. Ils ont été comblés en ce 20 juin 2014.

Paris : Dès la fin du match, c’est la liesse dans les rues de Grands boulevards, deuxième arrondissement de Paris. Des inconnus fortement imbibés d’alcool s’embrassent, des anonymes lancent allez les Bleus dans les rues, les passants arrêtent les bus et montent sur les voitures en dansant et chantant… ce n’est qu’un 2ème match de poules, et déjà, la ferveur est là autour des Bleus !

 

Prochain rendez-vous, le 25 juin face à l’Equateur pour assurer la première place du groupe. Vivement les huitièmes !

 

Pierre Dujol, Observateur de France 24 à Lyon avec Alexandre Capron à Paris