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France : de quelles régions viennent les Bleus ?

Réunis actuellement sous le maillot frappé du coq, les bleus portent durant la saison les couleurs de prestigieux clubs européens. Mais d’où viennent-ils vraiment ? Où ont-ils frappé dans leurs premiers ballons ? Découvrez dans quelles régions les sélectionnés pour le Mondial 2014 ont découvert les joies du football, loin des caméras et des flashs. (Crédit photo : Frédéric Humbert, Wikimedia Commons)

Basée sur la liste initiale des 23 sélectionnés par Didier Deschamps à laquelle s’ajoutent les trois repêchés de dernière minute – Ruffier, Cabella et Schneiderlein – l’analyse porte donc sur 26 joueurs.

12 régions représentées en Equipe de France

Si on regarde les clubs d’aujourd’hui, on pourrait qualifier cette équipe de « franco-anglaise » puisqu’il y a autant de joueurs évoluant dans l’Hexagone qu’outre Manche (10). Trois sont en Espagne (Griezmann, Benzema et Varane), un en Allemagne (Ribéry, blessé depuis), un au Portugal (Mangala) et un en Italie (Pogba).  Mais avant d’évoluer dans les rangs professionnels, ces joueurs ont débuté anonymes sur les terrains de France ou … de Belgique.

En effet, un seul joueur n’a jamais été licencié en France, il s’agit d’Eliaquim Mangala qui, bien que né à Colombes, a grandi et réalisé ses classes du côté de Namur en Wallonie. Pour les autres, ils représentent 12 des 27 régions françaises (22 métropolitaines + 5 départements et régions d’outre-mer), et sans surprise c’est l’Île-de-France qui arrive en tête avec cinq joueurs.

Sur le podium: Île de France, Nord-Pas-de -Calais et Rhône Alpes

Le quintet de région parisienne – Sissoko, Pogba, Matuidi, Sakho et Evra – pèse pour 19 % de l’effectif alors que leur région compte 18 % des Français. Un résultat en toute logique avec la démographie du pays.

A égalité sur la deuxième marche du podium on retrouve le Nord-Pas -de-Calais et le Rhône Alpes qui envoient chacun quatre footballeurs issus de leur territoire. Deuxième région la plus peuplée du pays, il n’est pas étonnant de retrouver le Rhône Alpes en cette position avec Loic Rémy, Karim Benzema, Clément Grenier (tous trois passés par l’Olympique lyonnais) et Olivier Giroud, tous originaires du secteur.

Pour le Nord-Pas-de-Calais, le taux de joueurs en équipe de France est largement supérieur au poids de la population locale. Cela témoigne sans aucun doute de la forte présence du ballon rond dans la culture nordiste. Sport numéro 1 sans aucun rival, le football se vit aux quatre coins de la région avec pas moins de cinq clubs professionnels : Lille, Lens, Valenciennes, Dunkerque et Wasquehal. Au sein de cette zone, le département du Nord a le mérite d’être celui qui aura le plus d’ambassadeurs sur les pelouses du Brésil avec Raphaël Varane, Mathieu Debuchy et Yohan Cabaye, Franck Ribéry étant lui du Pas du Calais.

Le quizz des régions

Et pour terminer, rien de mieux qu’un petit quizz régional pour s’échauffer avant le premier match des Bleus dans ce Mondial !

  1. Qui est le Corse de l’équipe de France ?
  2. Quel Bourguignon brille sous les couleurs d’un club basque ?
  3. Quel est le point commun entre Laurent Koscielny et François Hollande ?
  4. Quel est le seul Bleu qui n’a jamais quitté sa région natale ?
  5. Quel Bleu a la particularité de n’avoir jamais joué dans un club français ?
  6. Passé par Aulnay et le Red Star, il est le seul joueur issu du 93, qui est-ce ?
  7. Quel joueur a débuté le football au poste d’attaquant à Bayonne?
  8. Né à Lille, il a démarré sa carrière pro à Lens, qui est-il ?
  9. Quel niçois a effectué ses débuts professionnels dans le club de sa ville natale ?
  10. Qui sont les deux Girondins ayant évolués ensemble à Bordeaux en U18 ?

Vos réponses dans les commentaires !


La Playlist du Groupe E

La Coupe du monde est censée rapprocher les peuples, et la musique adoucir les mœurs… alors quoi de mieux que de passer les entre-matchs en écoutant des titres de cultures aussi diverses que celle figurant dans cette compétition ? Petite sélection de musiques en provenance des pays du groupe E, celui de l’Equateur, de la France, du Honduras et  de la Suisse. (Crédit photo : Peace Corps, Wikimedia Commons)

Equateur

Pour découvrir la musique équatorienne, vous trouverez dans la playlist ci-dessous les percussions de Tombaek, le reggae de Leon de Juda et de Papa Chango, le hip hop reggaeton de Guanaco et le lover bachata Buxxi.

France

Place à la nouvelle génération hexagonale avec des artistes montant sur la scène pop rock comme La Femme, Bengale, Colt Silvers, Aline ou Lescop, hip hop avec A2H ou électro avec Rone et Guts.

Honduras

Un trio 100 % découverte pour ce petit pays d’Amérique centrale avec le garifuna Aurelio Martinez, le folk Guillermo Anderson et la festive Banda Blanca.

Suisse

Chez les Alpins, les influences sont multiples avec le hip hop old school de Sens Unik, le rap percutant de la jeune La Gale, le reggae des Moonraisers, l’électro sombre de Reverse Engineering, le sourire Afro-européen de Oy et la musique cajun de Mama Rosin.

►►►Envie de goûter à ce mélange Helvèto-franco-honduro-équatorien ? Une seule direction : ma playlist en intégralité.

Yannick REVEL, Mondoblogueur en France


Top 10 : les meilleures chansons autour du football

De la bonne musique inspirée du ballon rond, ça existe ! Alors que leoup d’envoi de ce Mondial 2014 au Brésil a été donné jeudi, rien de mieux qu’une petite sélection footballistique ET musicale pour vous aider à patienter jusqu’au premier match des Bleus, prévu dimanche. (Crédit photo : Wegmann, Wikimedia Commons)

10. Silmarils : « Va y avoir du sport »

OK, ce titre n’est pas à proprement parler footballistique, mais il est tellement approprié pour l’échauffement d’avant match!

9. Doctor Krapula : « Gol de mi corazon »

Comme bon nombre de leurs compatriotes, ces Colombiens sont des fondus de foot. Une petite partie sur la plage ?

8. Mickey 3.0 : « #cpasgrave »

Mickey 3.D revient sous un nouveau nom à l’occasion de ce Mondial brésilien, histoire de sortir une chanson dédramatisante, un brin looser avant l’heure.

7. Macka B : « Allez the reggae boyz »

Une chanson d’encouragement pour la première – et dernière – qualification de la sélection jamaïcaine à la Coupe du monde 1998, en France.

6. Flavia Coehlo : « Amor e futebol »

La voix de la brésilienne est capable de faire cohabiter des concepts aussi étrangers que le football et l’amour.

5. Le Prince Miiaou : « Football Team »

A elle seule, cette chanteuse féline a plus d’énergie qu’une équipe de football. Pas le moment de ronronner, Prince Miiou rugit dans le classement !

4. Julien Doré : « Michel Platini »

Une bien belle chanson pour une gloire du football mondial. Pour les connaisseurs, J’y trouve une forte ressemblance avec le travail de Petit Fantôme.

https://www.youtube.com/watch?v=chO8ZTm0OsQ

3. Kasabian : « Club foot »

Ce club a fait le tour de la planète et a largement contribué à la notoriété du groupe anglais.

2. Doc Gyneco : « Passement de jambes »

Numéro au classement des tchatcheurs, le Doc nous gratifie sur son premier album d’une série de dribbles vocaux d’un niveau international. A l’arrivée un but de virtuose sur une passe décisive de Basile Boli en introduction.

1. Mano Negra : « Santa Maradona«

Un hymne qui sent bon la ferveur des gradins et un hommage quasi religieux au « pibe de oro« .

 Yannick REVEL, Mondoblogueur en France


Quand la FIFA ravale son beignet

En football, les parties ne sont jamais jouées d’avance et le charme de ce sport réside dans le fait qu’une petite équipe peut parfois donner du fil à retordre à un favori. Avant la compétition officielle, un collectif de femmes brésiliennes a endossé le rôle de David pour s’opposer aux règles édictées par la FIFA. Au terme du bras de fer, le pot de terre est sorti vainqueur (Crédit photo : Baiana Claudia, Wikimedia Commons)


Sous couvert de principes humanistes, la Fifa – Fédération Internationale de Football Association – est en réalité une redoutable machine qui n’a que faire du respect des droits humains.

Fifa lex, sed lex

Cela devient une habitude : chaque manifestation donne son lot de violations de droits basiques tels que le droit au logement (populations expulsées sans indemnités), la liberté de circulation, le droit au travail…

Au Brésil, plus que jamais, l’insatisfaction se fait entendre et surtout ne cesse pas de gronder à l’approche de l’événement. Minimisant les reproches formulés, le président de l’organisation, Sepp Blatter assurait en juin 2013 que « le football est plus fort que l’insatisfaction des gens ».

Dix mois plus tard, c’est au tour de Michel Platini (président de l’UEFA) de faire des déclarations pour le moins irresponsables :

« Si les Brésiliens peuvent attendre un mois avant de faire des éclats sociaux, ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football… »

Surtout pour la planète Fifa, serait-on tenté d’ajouter.

Acarajé 1 – 0 Fifa

Si les protestations continuent de plus belle, c’est que la population a un exemple de victoire qui pousse à la résistance. Le combat a été initié par les vendeuses ambulantes d’acarajé – un beignet à base de haricot – qui avaient pour habitude de circuler dans les travées du stade de Salvador de Bahia pour y effectuer leur petit commerce. Mais avec les règlements Fifa, impossible.

Le beignet Acarajé pourra cohabiter avec le Big Mac durant le Mondial (Crédit photo : Arismar Fonseca, (Wikimedia Commons)
Le beignet Acarajé pourra cohabiter avec le Big Mac durant le Mondial (Crédit photo : Arismar Fonseca, Wikimedia Commons)
Parmi les multiples modifications de la loi brésilienne, l’interdiction de tout commerce ambulant a été imposée dans un rayon de deux kilomètres autour des stades de la Coupe du monde. Le seul moyen de subsistance de ces personnes se voit donc supprimé, et la tradition locale du beignet dans les gradins tout simplement ignorée.

Fort heureusement, le petit collectif floué s’organise, lance une pétition et gagne vite la sympathie de l’opinion publique. Au terme de la confrontation, les bahianaises obtiennent gain de cause et  six d’entre elles pourront continuer à exercer dans la zone réservée aux sponsors officiels.

Petite victoire, grand symbole 

Dans ce type d’aventure à l’issue favorable, le peuple brésilien puise une source d’inspiration propre à l’indignation et à l’action. Tout comme le Cameroun pouvait venir à bout de l’Argentine du géant Diego Maradona après avoir été réduit à neuf lors du Mondial 1990, de petites gens peuvent aussi faire fléchir une des organisations les plus puissantes de la planète, à force de détermination et d’organisation. C’est aussi ça le charme du football, n’est-ce pas M. Platini ?


Ces Basques qui joueront le Mondial

Le sélectionneur de l'Equipe de France Didier Deschamps est originaire du Pays basque (Crédit photo : Calcio Streaming, Flickr/CC)
Le sélectionneur de l’Equipe de France Didier Deschamps est originaire du Pays basque (Crédit photo : Calcio Streaming, Flickr/CC)

Bien que le Pays basque ne dispose pas d’une sélection en compétition pour le Mondial 2014 au Brésil, des enfants de ce territoire fouleront les pelouses de la Coupe du monde de football.

Entre les Basques et les Bleus, c’est une véritable histoire d’amour. La preuve ? Même le sélectionneur de l’Equipe de France est Basque!  Comme beaucoup de jeunes de cette région, Didier Deschamps s’est d’abord adonné au rugby avant de passer au « sport de manchot », comme le football est qualifié par le monde de l’ovalie.

Malgré sa carrière internationale loin de ses terres d’origine, le sélectionneur des Bleus n’a pas perdu notre accent caractéristique. Avant de rejoindre des équipes prestigieuses, le champion du monde 1998 frappa ses premiers ballons ronds sous le maillot de sa ville natale, Bayonne.

Ruffier et Griezmann, des liens avec Bayonne

C’est également sous les couleurs de l’Aviron Bayonnais que Stéphane Ruffier chaussa ses crampons d’attaquant avant de se reconvertir dans les buts. A 16 ans, il est repéré par un recruteur monégasque et quitte les bords d’Adour avant d’y revenir pour un prêt en National, consenti par l’entraineur de l’ASM du moment, un certain… Didier Deschamps. Désormais portier de Saint-Etienne, Ruffier est l’invité de dernière minute pour le Mondial, pour remplacer Steve Mandanda, blessé

Enfin, même s’il n’est pas Basque d’origine, Antoine Griezmann peut être considéré comme un Basque d’adoption tant il est arrivé jeune à la Real Sociedad. Depuis 2006 dans le club de San Sebastian, il a gravit les échelons de la formation tout en poursuivant ses étude sur Bayonne.  Passé pro en 2009, il est aujourd’hui un élément incontournable de l’attaque de la Real ainsi qu’un remplaçant de haut niveau sur le coté gauche du onze tricolore.

Quatre Basques dans la Roja

Fils de champion, Xabi Alonso a dignement marché sur les traces de son père Periko, triple champion d’Espagne avec la Real Sociedad (1981, 1982) et le FC Barcelone (1985). Né à Tolosa, le fiston a débuté sa carrière à Eibar, un autre club basque qui vient d’accéder à la première division espagnole, la Liga BBVA. Centenaire en nombre de sélections, le milieu défensif du Real Madrid  fait partie de la génération dorée du football espagnol, celle qui a remporté le triplé historique Euro 2008, Mondial 2010 et Euro 2012.

Ayant participé à l’obtention des deux derniers titres de la Roja, Javi Martinez sera également du voyage au Brésil. Né à Ayegui en Navarre (une des sept provinces basques), le défenseur du Bayern a fièrement porté les couleurs de l’Osasuna et de l’Athletic Bilbao avant de s’envoler (comme l’avait fait Bixente Lizarazu avant lui) pour la Bavière.

Nouveau venu dans l’équipe de Vincente del Bosque, Ander Iturraspe a fêté  sa première sélection le 30 mai dernier lors du match amical de préparation face à la Bolivie. Ex-coéquipier de Javi Martinez dans la cathédrale de San Mames, il est toujours pensionnaire du club de Bilbao.

Enfin, le quatuor basque est complété par l’attaquant Fernando Llorente. Né à Pampelune, c’est également à Bilbao que le buteur a explosé avant de rejoindre la Juventus de Turin, en Italie.

Xabi Alonso (à gauche) déjà remporté deux Euros et un Mondial avec l'Espagne (Crédit photo : Станислав Ведмидь, Wikimedia Commons)
Xabi Alonso (à gauche) déjà remporté deux Euros et un Mondial avec l’Espagne (Crédit photo : Станислав Ведмидь, Wikimedia Commons)

Les enfants de la diaspora

Grand peuple de voyageur, les Basques ont pendant longtemps émigré de leur terre natale à la recherche d’un avenir meilleur. Leur destination favorite étant l’Amérique latine, il n’est pas étonnant de retrouver aujourd’hui de nombreux patronymes de consonance bascophone au sein des équipes concurrentes.

Parmi eux, on peut citer l’argentin Pablo Zabaleta, le colombien Victor Ibarbo, le chilien Charles Aranguiz, l’équatorien Alex Ibarra ou encore le défenseur hondurien Emilio Izaguirre.

Une sélection basque, une utopie délirante ?

Certains d’entre eux vous ont peut-être souri lorsque j’évoquais en introduction de ce billet la possibilité d’une sélection basque en Coupe du monde. Bien sûr, cela relève de la politique fiction à ce jour. Pourtant, une telle idée pourrait se défendre.

Le premier argument contradictoire est d’ordre juridique puisque le Pays basque n’est pas un état et qu’il ne peut donc pas envoyer une représentation sportive lors d’une compétition internationale. Un tel cas de figure existe cependant avec le Royaume Uni dont les composantes — Ecosse, Pays de Galles, Angleterre et Irlande du Nord – participent aux différentes compétitions sportives sans pour autant être des Etats au sens juridique du terme.

Admettons… Mais sur le terrain, ça vaudrait quoi ? Et bien, peut-être une équipe bien meilleure que ce que vous pourriez imaginer ! En effet, une sélection basque dispute régulièrement des rencontres internationales et affiche de bons résultats. Pour exemple, lors de ses deux derniers matchs, Euskal Selekzioa terrassait la Bolivie par 6 à 1 en décembre 2012 et le Pérou par 6 à 0 en décembre 2013. Sur les vingt dernières années, elle accroche à son tableau de chasse des équipes de seconde zone parfois qualifiées pour le Mondial telles que le Ghana, l’Uruguay, le Nigeria, la Serbie, le Maroc…

A défaut de voir une sélection basque au Brésil, on suivra tout de même les exploits des ses footballeurs, qu’ils évoluent en rouge ou en bleu. Car même si le Pays basque n’est pas invité, les Basques eux, sont bel et bien là !